Le jeu des ombres
Chapitre 18
— Et c’est alors que l’équipe de tueurs a attaqué le monastère ?
— Dix-neuf moines furent empoisonnés. Deux autres furent tués par balles. J’étais la cible principale, mais je leur ai échappé. Je me suis alors promis de retrouver ceux qui avaient tué mes frères moines et menacé mes chances de salut. J’ai fini par découvrir que l’homme qui avait ordonné cette tuerie était Ray. Il craignait qu’un jour, à cause de ma dépression nerveuse, je ne révèle ses secrets. Il m’avait cherché pendant toutes ces années et quand il avait enfin su où je me cachais… Mais comme vous m’avez raconté pour l’homme qui a ordonné la mort de votre frère adoptif, j’ai trouvé Ray, et je l’ai tué.
18
Saul écoutait, terriblement ému. Le parallèle entre son histoire et celle de Drew était pour le moins déconcertant.
Mais Chris était mort.
Et Drew avait survécu. Il ressemblait à Chris avec ses cheveux clairs, ses yeux sauvages, ses taches de rousseur, et son visage rectangulaire à la forte ossature. Saul avait la sensation qu’un vide venait de se combler dans sa vie, qu’un fantôme était réapparu.
— Vous ne m’avez pas dit si vous aviez des frères et sœurs, remarqua Saul.
— Non. Je suis fils unique.
Saul sourit.
— Si vous voulez un frère, vous en avez un devant vous. Vous ne m’auriez pas raconté tout ça si vous n’aviez pas reconnu les similitudes entre… C’est étrange.
— J’avais remarqué le parallèle, répondit Drew, et je ne peux pas l’expliquer non plus.
— Et nous sommes tombés l’un sur l’autre. Comment…
— Je ne puis croire qu’il s’agisse d’une simple coïncidence.
— La question, interrompit Arlene, est de savoir combien d’autres similitudes il existe.