Le jeu des ombres

David Morrell · Chapitre 25 sur 148

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Le jeu des ombres

Chapitre 10

Il était trop faible pour se battre, mais s’il ne pouvait que bouger, cela pouvait aider Arlene. Diviser pour régner – c’est ce que les assaillants voulaient faire. Mais cette tactique allait se retourner contre eux.

10

Tandis qu’Arlene grimpait la pente rocheuse, sautant d’une roche à l’autre, on tira à nouveau sur elle. Plongeant à l’abri, elle reconnut soudain l’endroit. Cet amas de pierres déchiquetées où elle avait dissimulé les corps des deux hommes qui l’avaient attaquée. Ahurie, elle regarda autour d’elle.

Mais c’était impossible. Il n’y avait aucune trace des corps. Même si les charognards étaient d’une redoutable efficacité, il devait bien rester quelque chose – des morceaux de chair, un os, un lambeau de vêtement – des miettes, en somme.

Cela dit elle était certaine de reconnaître l’endroit.

Alors comment… ?

Une balle ricocha contre le schiste. Elle regarda vers le haut par un interstice entre deux rochers, prête à tirer. Elle se demanda si cette embuscade en ce lieu précis était plus qu’une coïncidence. Avait-on enlevé les corps ? Ces tireurs vengeaient-ils leurs amis ? Dans ce cas, cette embuscade avait un sens, tout comme l’expliquait le fait qu’on ne l’avait volontairement pas tuée. Ils voulaient auparavant lui faire ce que les autres n’avaient pu faire. La poitrine oppressée, elle chercha sa cible avec plus de détermination encore.

Mais quand elle distingua un mouvement fou – un Arabe en djellaba et enturbanné dévalant la colline, par-dessus les rochers, sur la crête, puis encore en bas –, elle ne comprit plus rien. L’Arabe s’abritait et visait, mais pas sur elle. Il dirigeait son arme sur le ravin en bas de cette pente. Le ravin dans lequel Drew avait plongé.

Tournant son regard de ce côté, elle vit le second assaillant : un autre Arabe qui dévalait la pente opposée convergeant dans le ravin.

Plusieurs possibilités s’offraient à elle. Peut-être les tireurs n’étaient-ils pas tout à fait convaincus de la faiblesse de Drew. Ou bien les Arabes se sentaient-ils tellement plus forts que les femmes que même un homme affaibli était plus à craindre qu’une femme vaillante et armée.