Le jeu des ombres
Chapitre 2
Drew acquiesça, plein de désespoir.
— La confrérie n’abandonne jamais. Nous ne serons libérés que lorsque nous aurons accompli ce qu’ils veulent. Je hais les choses qu’on m’a appris à faire, mais j’utiliserai tout ce que je sais pour en finir avec ça. Afin que nous puissions commencer à vivre ensemble.
Arlene lui prit la main.
— Nous avons déjà commencé à vivre ensemble. Nous ne pouvons compter que sur le présent.
2
Cet après-midi-là, à 4 heures, Drew ouvrit le coffre pour la deuxième fois de la journée. La note qu’il avait placée n’y était plus. À sa place, une autre d’une écriture encore plus vigoureuse que la sienne. Les instructions étaient claires, précises, professionnelles. En bas, un insigne dans de la cire fondue, une épée et une croix superposées.
Cette fois, il était entré seul dans la banque. Il sortit, marcha dans la direction opposée au fleuve, arriva dans la Bahnhofstrasse, quartier des affaires de Zurich, où il s’arrêta pour regarder des fleurs à une fenêtre. Un moment plus tard, Arlene était à ses côtés. Il vit son reflet dans la vitre. Elle l’avait suivi depuis qu’il avait quitté la banque.
— Personne ne t’a témoigné le moindre intérêt, dit-elle.
Cela ne prouvait nullement qu’ils n’étaient pas observés. Néanmoins, ils auraient été stupides de ne pas prendre cette précaution. Ils se mêlèrent au courant de promeneurs.
— Nous avons un message, dit Drew.
Il ne le lui montra pas. Il ne pouvait pas. Il l’avait déchiré dans la banque et mis tous les minuscules morceaux dans sa poche de pantalon. Tandis qu’il marchait dans la Bahnhofstrasse, il avait subrepticement laissé tomber çà et là un petit bout de papier sur le trottoir.
— Si le message était bien du Père Sébastien, reprit Drew, il donne l’heure et le lieu du rendez-vous. C’est pour ce soir. Il donne aussi deux autres heure et lieu pour demain, dans le cas où nous n’aurions pas eu le message aujourd’hui.
— Il pense à tout.
— T’attendais-tu à autre chose de la part d’un membre de la confrérie ?