Le jeu des ombres

David Morrell · Chapitre 57 sur 148

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Le jeu des ombres

Chapitre 9

— Vite. Il faut partir, dit Misha.

— Où ? demanda Saul.

— On rentre en Israël.

— Non, dit Erika. Pas nous.

— Je ne comprends pas.

— Seulement Christopher et toi. Prends-le avec toi. Protège-le.

— Et vous ? demanda Misha.

— Christopher ne sera en sécurité que lorsque Saul et moi le serons. S’il nous arrive quelque chose, mets Christopher dans un kibboutz. Donne-lui une nouvelle identité.

— Je ne crois pas que l’Agence ait essayé de me tuer, fit Saul. C’était quelqu’un d’autre. Ceux que nous cherchons.

— Même si c’est le cas, pouvez-vous avoir confiance en votre ancien réseau ?

— Il le faut. Mais j’ai dû conclure un marché avec eux. En échange de me laisser sortir de l’exil, j’ai promis de ne pas accepter votre aide. Nous devons agir seuls.

— Mais…

— Non. Nous avons les informations que vous nous avez données. Nous devons accepter ce risque. Mais si nous échouons, prenez le relais. Ne laissez pas ces salauds gagner la partie.

— Êtes-vous sûrs que c’est la seule solution ?

— Pour que nous en réchappions ? fit Saul en secouant la tête. Pour retrouver Christopher ? Non.

10

Son père l’embrassa. Pourquoi est-ce que son père pleurait ?

— Au revoir, mon fils. Misha, prends soin de lui.

— N’oublie jamais, Christopher…

Pourquoi est-ce que sa maman pleurait aussi ? Encore des baisers. Les larmes de sa maman mouillaient ses joues.

— Nous t’aimons, tu sais.

Des cris de l’autre côté des portes battantes.

— Ne retournez pas par là !

— Ils vous ont retrouvés ! Vite ! hurlait Misha.

Ils fonçaient par une autre porte, dans le noir, cette fois, une petite rue, longue, longue, il faisait nuit. Mais quand il regarda derrière lui, affolé, il s’aperçut que Misha et lui étaient partis d’un côté et ses parents de l’autre. Les yeux brillants de larmes, il ne les voyait plus.

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