Le jeu des ombres

David Morrell · Chapitre 38 sur 148

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Le jeu des ombres

Chapitre 2

— J’attends.

— Quoi ?

— Que tu mettes le contact avec les deux fils.

Elle pouffa de rire et se pencha sous le tableau de bord.

Mais quand ils roulèrent dans le désert, sur la piste cahoteuse, il retomba dans un profond silence. Il se posait de nombreuses questions. Il n’en avait aucune envie, mais il devait parler au prêtre.

2

Le Caire. Le lendemain après-midi. Assise sur le lit de sa chambre de style occidental, Arlene écoutait Drew prendre sa douche dans la salle de bains de l’hôtel. Mais c’est le téléphone qui retenait son attention.

Elle ne savait que faire. Quand le prêtre avait pris contact avec elle à New York, lui demandant de chercher Drew, il lui avait donné un numéro de téléphone au Caire.

— Appelez-moi dès que vous l’aurez arraché au désert.

À cette époque, elle était si reconnaissante qu’on lui dise où était Drew, de pouvoir le retrouver, qu’elle avait accepté sans réticence les conditions du prêtre. Mais maintenant qu’elle et Drew étaient réunis, elle hésitait. Ce n’était certainement pas pour une dispense que la confrérie appelait Drew. Par définition, une convocation des conjurés était synonyme d’ennuis. Elle avait perdu Drew une fois lorsqu’il était entré au monastère. Elle l’avait perdu à nouveau quand il avait fui dans le désert. Elle n’avait pas l’intention de le perdre une troisième fois.

Mais si le châtiment de la confrérie en cas de désobéissance était… ?

Elle décida de composer le numéro. Mais sa main était si lourde qu’elle ne put la lever jusqu’au téléphone posé sur la table de chevet.

Dans la salle de bains, l’eau s’arrêta de couler. La porte s’ouvrit sur Drew, nu, qui se séchait dans une grande serviette bien douillette. Elle sourit. Après six ans de monastère, six ans de chasteté, il avait des inhibitions sexuelles, c’était indéniable. Mais la pudeur ? Il était plus à l’aise dans son corps, nu ou vêtu, qu’aucun homme qu’elle avait rencontré.

Il sourit en s’essuyant.

— Une fois par an, que j’en aie besoin ou non.

Elle effleura ses cheveux encore humides.