Le jeu des ombres

David Morrell · Chapitre 147 sur 148

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Le jeu des ombres

Chapitre 24

— Dis-lui ! Convaincs-le ! Si tu m’aimes, arrête-le ! Allez ! dit-elle en le saisissant par les épaules. Fais-le pour moi ! Dis-lui que ces monstres ne valent pas qu’on détruise sa vie pour eux ! Tu as un petit-fils que tu n’as presque jamais vu ! Tu pourrais le voir grandir ! Tu pourrais lui parler de l’innocence, et peut-être retrouverais-tu la tienne ! Tu pourrais être jeune à nouveau ! supplia-t-elle les yeux baignés de larmes. Pour l’amour du ciel, je t’en prie ! Si tu m’aimes !

Joseph eut du mal à respirer tant il se sentait oppressé. C’était écrasant, tellement différent de la pression qui l’avait conduit ici. C’était dû à l’amour, pas à la haine.

— Ephraïm…, commença-t-il avec difficulté. Elle a raison.

Il avait la voix rauque, comme s’il avait mal, et pourtant, c’est le contraire qu’il éprouvait.

— Fichons le camp d’ici, ajouta-t-il.

Ephraïm posa les yeux sur son Beretta toujours pointé sur le père d’Halloway.

— Ce serait si facile de presser la détente. Si gratifiant.

— Tu ne t’es pas vu quand tu les fouettais. Tu m’as fait penser au commandant des travailleurs à Treblinka.

— Ne me compare pas avec… !

— Tu ne soulages pas mes cauchemars. Tu les ramènes. J’ai honte que ma fille nous ait vus faire une chose pareille. Je t’en prie, Ephraïm, je sais désormais ce que je veux. Oublier.

— Et les laisser partir ?

— Qu’est-ce que ça changera ? Les tuer ne nous rendra pas les nôtres. Cela n’arrêtera pas la haine. Mais si tu les tues, tu feras partie de cette haine.

Comme Erika, Ephraïm sentait les larmes rouler sur ses joues.

— Mais qu’est-ce que je vais devenir ?

Joseph lui prit son arme et le serra dans ses bras.

— Avec un peu de chance… toi et moi., nous allons apprendre à vivre.

24

Ils étaient maintenant cinq dans la voiture de location. Drew et Arlene à l’avant. Saul, Erika et Joseph à l’arrière. Tandis qu’ils quittaient la propriété d’Halloway suivis par le camion dans lequel Ephraïm conduisait le reste de l’équipe, Saul dit :