Le jeu des ombres
Chapitre 18
— Et vous l’avez cru ? hurla Halloway en froissant le papier.
— Qu’est-ce que j’étais censé faire ? Vous téléphoner alors que vous me l’aviez interdit ? Rester à Mexico quand j’espérais mon père au Canada ?
— Espèce d’andouille de salopard, moi aussi j’ai reçu un télégramme ! Presque le même ! Mon père était supposé être ici !
— Alors vous êtes aussi stupide que moi !
— C’est eux qui ont fait ça ! s’écria Halloway en se tournant vers l’entrée de sa propriété. Ils nous ont tendu un piège !
— Ils ? fit Rosenberg les genoux tremblants. Nuit et Brouillard ?
— Qui d’autre… ? Ils doivent nous observer en ce moment.
Halloway et Rosenberg se réfugièrent en direction de la maison.
Mais Halloway pivota à nouveau en entendant une voiture remonter l’allée à vive allure. Au moment où les gardes se ruaient à sa rencontre, Halloway reconnut Miller au volant.
— Je vous avais dit de ne pas venir ici !
Miller pila sur le chemin de gravillons. Hors de lui, l’architecte sortit de sa voiture.
— Et moi je vous ai dit que j’arrivais ! Vous saviez qui était mon père ! Vous saviez qui étaient nos pères ! J’ai essayé de me convaincre que je ne ferais que m’abaisser à votre niveau si je venais pour vous étrangler. Mais Dieu me pardonne, je veux qu’on me rende mon père, même maintenant que je sais ce qu’il a fait ! Et vous m’avez envoyé ce télégramme ! Mon père ! Vous avez dit qu’il serait ici ! Où est-il ?
Halloway saisit le bout de papier que Miller brandissait avec fureur. Le message était identique à celui reçu par Rosenberg.
— Ils sont là, s’écria Halloway. Je le sais. J’en suis sûr. Ils sont là.
— Là ? fit Miller dont la colère s’amplifiait. Mais qu’est-ce que… ? Là ? Mais qui ?
— Il faut se planquer. Vite. À l’intérieur.
Halloway grimpa les escaliers de l’entrée à toute vitesse. Il hurla des ordres au capitaine de ses gardes.
— Faites revenir vos hommes ! Protégez la maison !
Mais il se tournait à nouveau au bruit d’une voiture dans le chemin. Oh non ! se dit-il. Pas une autre.
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