Le jeu des ombres

David Morrell · Chapitre 4 sur 148

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Le jeu des ombres

Chapitre 5

Mais on ne retrouva jamais Miller.

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Mexico. Avril. Martin Rosenberg, soixante-douze ans, sortit de la synagogue, fourra sa yarmulka dans la poche de son veston et observa la rue pavée. Cent mètres plus loin, le ronronnement de la circulation le long du Paseo de la Reforma troublait son sens de la tranquillité. À sa droite, les lumières de l’ancien château sur la colline du Chapultepec étincelaient contre le ciel qui s’assombrissait.

Il échangea des shaloms avec un groupe de jeunes qui quittaient la synagogue et tourna à droite vers l’angle d’une rue. La maison de son fils était à trois cents mètres ; c’était l’une de ces demeures historiques disséminées entre des tours d’habitation dans ce quartier chic de Mexico. Comme d’habitude, son fils lui avait proposé de le conduire à la synagogue et de venir le rechercher. Mais Rosenberg affirmait que ces petites marches étaient primordiales pour sa santé et que de plus il aimait beaucoup le quartier.

Il tourna au coin et se dirigea vers la grande avenue bien éclairée qui reliait la colline de Chapultepec aux bâtiments gouvernementaux.

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— Je me fiche de savoir l’âge qu’il a ! Il n’a jamais mis plus d’une heure pour rentrer ! s’écria Aaron Rosenberg en faisant les cent pas devant les fenêtres arrondies éclairant un des murs du salon. Et ça fait maintenant plus de deux heures !

Avec sa fine moustache, son nez aquilin et ses yeux noirs brûlants, Rosenberg avait l’air plus espagnol que juif. Désormais, il allait rarement à la synagogue, mais faisait des dons généreux et connaissait le rabbin, à qui il avait téléphoné trois quarts d’heure auparavant pour apprendre que son père était parti au crépuscule.