Le jeu des ombres

David Morrell · Chapitre 51 sur 148

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Le jeu des ombres

Chapitre 3

— Répète-moi ça de plus près.

Il repoussa la capuche d’Erika, prit tendrement sa nuque entre ses mains derrière ses longs cheveux noirs et l’attira doucement à lui, buvant la pluie sur ses joues.

Mais elle le sentait nerveux.

— Et s’ils ne nous laissent pas faire ?

— J’irai au bout, de toute façon.

— Non, dit-elle en se serrant contre lui. Nous irons au bout. Et Dieu vienne en aide à ceux qui voudraient nous barrer le chemin.

3

J’habite dans l'appartement de mon beau-père. Je vous donnerais bien l’adresse et le numéro de téléphone, mais je pense que vous les avez déjà.

Soufflant la fumée de sa cigarette, l’homme au visage grêlé se pencha pour couper le magnétophone placé sur la table de conférence. Il se tourna vers le chef de l’antenne autrichienne de la CIA.

— Vous voulez l’écouter encore une fois ?

Les néons bourdonnaient. Dans la pièce lambrissée de chêne, trois autres hommes étaient assis, immobiles, ne trahissant aucune réaction tandis que le chef d’antenne martelait la table de ses doigts.

— Non, trois fois, c’est assez. Ce qu’il vous a dit est parfaitement clair pour moi. Mais vous y étiez, pas moi. Vous avez vu l’expression de ses yeux. Romulus pensait-il ce qu’il disait ?

— Ma conviction profonde ? fit l’homme en ôtant la cendre de sa cigarette. Oui.

— À condition que Romulus ne sente pas que c’est une mission suicide, à condition qu’il ne réprouve pas le but final de la mission, il fera tout ce qu’on lui demandera ?

— Toujours ma conviction profonde ? Oui.

— Eh bien !

Un homme chauve se décida à risquer un commentaire.

— C’est un changement de position radical de sa part. Au départ, l’accord stipulait qu’il promettait de rester en exil, mais nous, nous promettions de le laisser tranquille.