Le jeu des ombres
Chapitre 6
— Malgré toute ma volonté, je ne pouvais cesser de penser à toi, dit-il.
— Je t’aime.
En tremblant, il toucha son bras.
— Et maintenant c’est la fin de mon exil ? Ils m’ont pardonné ?
Elle hésita.
— Qu’est-ce qui ne va pas ?
— Pas pardonné, dit-elle. Ils te convoquent. Pour poursuivre ta mission, c’est ce qu’a dit le prêtre.
— Que veux-tu dire ? demanda-t-il, perplexe.
— Ils veulent que tu fasses quelque chose pour eux, fit-elle en détournant les yeux tant elle était troublée. C’est à cette condition expresse qu’ils te laisseront la vie. Quand le prêtre m’a dit où tu étais, j’ai saisi la chance de te revoir, rien que pour être avec toi. Depuis que tu es parti, cette nuit-là, je me suis sentie si vide. Te perdre une première fois, puis…
Elle l’embrassa à nouveau.
Il lui rendit son baiser.
— Arlene ?
Elle attendit.
— Que veulent-ils ?
— C’est justement le problème. Le prêtre a refusé de me le dire. Il m’a envoyée ici. Pour te parler. Te convaincre. Te conduire jusqu’à lui.
6
Au soleil couchant, elle l’aida à sortir de la caverne. La chaleur du soir, plus clémente, était presque réconfortante. À la fin du jour, elle avait sorti son couteau de survie de son fourreau pour tailler la barbe et les cheveux de Drew. Quand elle eut fini, il avait tout, ce furent ses mots, d’un ascète sexy du Greco.
Elle le dépouilla de son vêtement et aspergea son corps d’eau, le lavant des pieds à la tête. Elle le rhabilla et le nourrit avec précaution. Avant que le soleil eût complètement disparu, elle alla remplir la gourde à la source.
La nuit les avait maintenant enveloppés. Dans la cellule, elle s’était lovée contre lui, contre ses hanches, pour lui procurer de la chaleur.