Le jeu des ombres
Chapitre 16
— Iceberg a dit qu’il y avait un pont métallique dans le tournant juste après la maison.
Une minute plus tard, Erika franchissait le pont en voiture.
— Je suis sûre que c’est là. Il est presque 15 h 30. Ne perdons pas de temps pendant qu’il fait encore jour.
Elle fit demi-tour, repassa le pont et se gara le long du macadam.
— Personne ne fera attention à une voiture garée près de la rivière, dit-elle. Tout le monde croira que nous sommes à la pêche.
— Si seulement nous avions pu apporter nos armes, dit Saul.
— Ça aurait été intéressant au moment de franchir la sécurité à l’aéroport. On se serait retrouvés à Rome. En prison.
— Je disais ça comme ça. N’empêche que je vais me sentir tout nu quand nous arriverons à cette fameuse demeure.
— Qui sait ? Peut-être que nous n’aurons pas besoin d’armes, remarqua Arlene. Halloway n’est peut-être qu’un simple homme d’affaires.
— Vous oubliez ses relations avec Seth et Iceberg. Mieux vaut s’attendre à du grabuge.
Ils sortirent de la voiture. De l’autre côté de la route, les bois les protégeaient de la maison.
16
La forêt était dense. Les rayons du soleil ne transperçaient que rarement le chapiteau de feuilles. Une odeur de terreau montait du sol. Drew suivit une sente qui zigzaguait, marcha sur un arbre tombé et s’enfonça dans la pente boisée. Il jeta un coup d’œil derrière lui et vit Arlene. Il admira la grâce de ses mouvements et l’aisance dont elle faisait preuve en terrain difficile. Il faut qu’on refasse de la varappe, se dit-il. Rien que nous deux, isolés, deux bonnes semaines.
Quand nous en aurons fini avec ça.
Il se concentra à nouveau sur le présent et grimpa plus haut entre les arbres. Une fois en haut, il attendit qu’Arlene le rejoigne et lui prit amoureusement l’épaule. Au-delà de la clairière, une trouée dans les arbres révélait la demeure sur la droite, dans le prolongement du promontoire. Saul et Erika étaient devant, accroupis dans les buissons.