Le jeu des ombres

David Morrell · Chapitre 44 sur 148

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Le jeu des ombres

Livre Trois le Mouvement du Crabe

LIVRE TROIS

 

 

LE MOUVEMENT DU CRABE

 

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TÊTE DE MORT

1

Debout sur les marches de granit devant sa demeure, Halloway regardait Seth et Iceberg monter dans la Cadillac. Tous trois avaient passé la nuit et la matinée à élaborer des plans. C’était maintenant le milieu de l’après-midi et tout était enfin prêt pour la mise en route. Seth conduirait Iceberg jusqu’à la voiture de location qu’il avait cachée au bout de la route la nuit précédente. Iceberg suivrait Seth jusqu’à l’aéroport international de Toronto. Ce soir même, les deux tueurs prenaient l’avion pour l’Europe. Bientôt – oui, bientôt, se dit Halloway – la vie normale reprendrait son cours.

Mais, plissant les yeux sous le soleil étincelant de ce mois de juin tandis qu’il observait Seth et Iceberg qui s’éloignaient, Halloway se demanda si les choses redeviendraient jamais comme avant. Cela faisait sept semaines que son père avait disparu, enlevé tandis qu’il faisait un croquis d’une rivière à Elora, cette association de peintres non loin de là. Les assaillants avaient abandonné le matériel de son père – carnet de croquis, fusain, boîte à peinture – sur une table de pique-nique à une centaine de mètres de la voiture de son père. Sans aucune nouvelle depuis lors, Halloway ne pouvait s’empêcher de penser qu’il était mort.

Il ne quitta la route des yeux que lorsque la Cadillac disparut parmi les arbres. Tandis qu’il franchissait la porte à double battant pour rentrer chez lui, la même pensée lui revint. Son père mort ? Il s’arrêta, songeur, au milieu de l’escalier. Il ne pouvait qu’espérer, se dit-il. Du moins avait-il fait tout ce qui était en son pouvoir pour protéger les siens, et lui-même, pour mettre fin à cette folie. Si son père était vraiment mort, une chose le consolait : Seth et Iceberg étaient des armes parfaites. L’ennemi allait payer.

Une fois dans la maison, il prit le téléphone dans son bureau. Il avait beau ne pas vouloir y penser, il devait prendre d’autres décisions, faire d’autres arrangements. Il y a quatre mois, avant que Nuit et Brouillard se reconstitue, il s’était engagé dans une affaire dont rien ne devait le détourner. Il avait exigé une fortune pour garantir la livraison d’une marchandise dont la nature mortelle n’était surpassée que par les tendances homicides de ses clients. Il n’avait pas le choix. Il décrocha le téléphone.