Le pouvoir rhétorique

Clément Viktorovitch · Chapitre 132 sur 164

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Le pouvoir rhétorique

Conclusion

 

Ainsi donc, si la rhétorique a mauvaise réputation, ce n’est pas totalement sans raison. La langue n’offre pas seulement des ressources pour argumenter, plaire ou émouvoir. Elle permet également de tromper, mystifier ou égarer. Des sophismes, qui pervertissent la logique, aux concepts mobilisateurs, qui corrompent le lexique : les pièges tendus par la déloyauté sont nombreux et variés. En tant qu’auditrices ou auditeurs, nous n’avons donc pas le choix. Sauf à accepter de capituler devant les individus qui entendent nous manipuler, il nous faut apprendre à les repérer.

Reste, bien évidemment, la grande question : en tant qu’oratrices ou orateurs, que ferons-nous ? Utiliserons-nous sans réserve ces outils, dans le seul objectif de faire triompher notre position ? Ou tracerons-nous une ligne que nous déciderons de ne jamais franchir, quitte à ne pas convaincre ? C’est un dilemme qu’il appartient à chacune et chacun d’entre nous, en son âme et conscience, de trancher. Un avertissement toutefois, non pas éthique, mais stratégique. Si nous décidons de plonger avidement la main dans le pot de miel… gardons-nous d’être pris en flagrant délit ! Car, soyons lucides : en matière de fourberie, nous avons tendance à être moins subtils que nous aimerions le penser. Quant à l’auditoire, il est souvent moins stupide que nous voudrions le croire ! Mieux vaut, donc, nous astreindre à la prudence et à l’humilité. Ces procédés nous exposent toujours au risque d’être attrapés. Ils ne devraient donc être utilisés qu’en tout dernier recours, si nous n’avons rien de mieux sous la main. Qu’un seul d’entre eux soit révélé au grand jour, et nous passerons pour pervers ou crétin. C’en sera alors fini de nos chances de convaincre.

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