Le pouvoir rhétorique

Clément Viktorovitch · Chapitre 4 sur 164

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Le pouvoir rhétorique

2 - Les citoyens, producteurs de discours

Or, le langage n’est jamais transparent. La communication n’est jamais univoque. Lorsque nous interagissons les uns avec les autres, nos messages possèdent toujours une part d’ambiguïté. Et c’est particulièrement vrai dans la sphère politique. Comme le remarquait déjà Platon, les discours y sont forgés par des professionnels de la parole, dans la perspective de la conquête du pouvoir. Le souci de l’efficacité y est davantage récompensé que la recherche de la vérité. Pour le dire autrement : nous ne pouvons jamais exclure qu’un discours politique ait été élaboré de manière volontairement trompeuse, obscure, déloyale. Si les citoyens veulent pouvoir choisir librement entre les différentes propositions qui leur sont soumises lors d’une élection, écouter les discours ne suffit pas. Il faut être capables de les décrypter. Il faut connaître la rhétorique.

 

2 - LES CITOYENS, PRODUCTEURS DE DISCOURS

 

Il est également possible d’aborder la démocratie avec une approche beaucoup plus optimiste, en travaillant à la décrire telle qu’elle devrait être. Nous cherchons à dégager l’idéal vers lequel il convient de tendre, tout en sachant que nous n’y parviendrons peut-être jamais. Le régime démocratique peut, dès lors, être défini très simplement : c’est celui de la souveraineté populaire, au sens le plus fort du terme. Les citoyens y décident, ensemble, de leur destinée commune. S’ils le désirent, ils peuvent s’impliquer directement dans la gestion de leur ville, de leur région ou de leur pays, et prendre part à l’élaboration des décisions politiques. Cette conception dite « participative » ou « délibérative » peut être résumée en quelques mots : il s’agit du « gouvernement du peuple, par le peuple, pour

le peuple 3 ».