Le pouvoir rhétorique

Clément Viktorovitch · Chapitre 2 sur 164

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Le pouvoir rhétorique

I - Une exigence démocratique

du langage. Il aura reçu la rhétorique en héritage 1.

Ces travaux sociologiques doivent, certes, être nuancés. On leur objecte, à juste titre, que les destins ne sont jamais scellés. La preuve en serait les nombreux ouvriers dont les enfants sont devenus intellectuels, chefs d’entreprise ou ministres. Il existe bien sûr des individus qui, par talent ou par travail, par calcul ou par hasard, acquièrent d’eux-mêmes une habileté virtuose à s’exprimer. Mais ils ne sont que l’exception. La généralité demeure : nous aurons beaucoup plus de chances d’apprendre à jongler avec les mots et les arguments si nous l’avons appris de nos parents. Ces remarques n’ont rien d’anecdotiques. Car la rhétorique n’est pas seulement une connaissance, une compétence ou un art. Elle est également un pouvoir.

 

I - Une exigence démocratique

 

Lorsqu’elle est maniée avec talent, la rhétorique nous permet d’influencer les individus, d’infléchir leurs pensées, d’orienter leurs comportements. Elle est un pouvoir dont on use sur autrui. Mais elle est, aussi, un pouvoir que l’on exerce au sein de la société : celui de faire prévaloir son point de vue, son idéologie ou sa volonté. S’interroger sur la rhétorique, c’est donc irrémédiablement se confronter à des enjeux politiques.