Le pouvoir rhétorique
Glossaire
Action oratoire : La prononciation du discours. Elle passe par trois
dimensions. Le verbal : les mots prononcés. Le paraverbal : le rythme,
le volume et les intonations de la voix. Le non verbal : la posture et les
gestes.
Affirmation du conséquent ou raisonnement par abduction : Sophisme
consistant à partir d’une observation, puis à avancer une cause qui
l’explique, en laissant volontairement toutes les autres hypothèses dans
l’ombre. Exemple : « S’il pleut, alors le sol est mouillé. Or, le sol est
mouillé. C’est donc qu’il a plu. »
Allégorie : Figure consistant à déployer une analogie à l’échelle d’une
séquence de mots : une phrase, un paragraphe, voire un texte entier. Elle
permet de construire des propositions à double sens : le premier, littéral,
prend souvent la forme d’un récit concret ; le second, implicite, possède
généralement des implications morales, spirituelles ou politiques.
Exemple : les Fables de La Fontaine. Anadiplose : Figure consistant à utiliser le même mot à la fin d’une
proposition et au début de la suivante. Exemple : « La peur mène à la
colère, la colère mène à la haine, la haine mène à la souffrance. »
(George Lucas)
Anaphore : Figure consistant à commencer une série de phrases par la
même séquence de mots. Si la formule pivot est en fin de phrase, on
parle alors d’épiphore. Exemple : « Paris ! Paris outragé ! Paris brisé !
Paris martyrisé ! Mais Paris libéré ! » (Charles de Gaulle) Antithèse ou opposition binaire : Figure consistant à mettre en opposition
deux termes ou deux propositions. Exemple : « Ou la maladie vous
tuera, ou ce sera le médecin ! » (Beaumarchais) Appel à la majorité ou argument ad populum : Sophisme consistant à
prétendre qu’une position serait justifiée parce qu’elle est partagée par
le plus grand nombre. Exemple : « Bien sûr que c’est un grand
chanteur : son clip a été visionné plusieurs millions de fois ! » Argument : Une preuve avancée à l’appui d’une proposition. Argument de l’absence d’antécédent : Sophisme consistant à prétendre
qu’une chose est impossible, parce qu’elle ne s’est jamais produite.
Exemple : « Je peux conduire en ayant bu : je le fais depuis dix ans, je
n’ai jamais eu d’accident ! »
Argument par étymologie : Sophisme consistant à utiliser l’étymologie d’un
concept, c’est-à-dire sa racine historique, pour prétendre en tirer des
enseignements actuels et généraux. Exemple : « Le mot hystérique a la
même racine que utérus. C’est bien la preuve qu’il s’agit surtout d’une
déviance propre aux femmes ! »
Arguments d’autorité : Ils consistent à fonder la validité d’une proposition
sur la crédibilité d’une personne ou d’une institution. Arguments de cadrage : Ils consistent à fonder la validité d’une proposition
sur la structure du réel ou, du moins, sur la présentation qui en est
donnée.
Arguments de communauté : Ils consistent à fonder la validité d’une
proposition sur l’adhésion préalable à des croyances ou des valeurs. Arguments par analogie : Ils consistent à fonder la validité d’une
proposition sur un rapprochement opéré entre la situation présente et
une autre situation, qui est considérée comme similaire.
Assonance : Terme utilisé de manière générique. Nous l’employons pour
désigner toute figure fondée sur la répétition d’un même son dans une
suite de mots rapprochés. Si l’on désire être plus précis, on peut faire la
distinction entre l’assonance proprement dite, où la répétition porte sur
des voyelles ; l’allitération, où elle porte sur des consonnes ; et la
paronomase, où elle porte sur des mots entiers. Exemple : « Tout
m’afflige et me nuit et conspire à me nuire. » (Racine) Auditeurs : L’ensemble des individus qu’un orateur cherche à convaincre, à
l’oral comme à l’écrit.
Biais cognitifs : Pièges que le cerveau tend à la pensée, en traitant certaines
informations de manière distordue, entraînant ainsi des erreurs
systématiques de raisonnement. Il s’agit des conséquences néfastes des
heuristiques de jugement.
Chiasme : Figure voisine de l’antithèse, consistant à structurer une
opposition binaire autour d’une double répétition par ordre inversé (A-
B ; B-A). Exemple : « Il faut manger pour vivre et non pas vivre pour
manger. » (Molière)
Chleuasme : Figure de la fausse modestie. Elle consiste à faire mine de
confesser ses insuffisances ou ses manquements, afin d’attendrir ou de
s’attirer des compliments. Exemple : « – Las ! Je suis sot à m’en tuer de
honte. – Mais non, tu ne l’es pas, puisque tu t’en rends compte ! »
(Edmond Rostand)
Claptraps ou pièges à applaudissement : Les techniques permettant de
soulever l’enthousiasme des auditeurs. Ils reposent sur deux éléments
consécutifs : un effet de saillance et un sentiment de résolution. Concepts mobilisateurs : Mots flous et figés, qui évoquent des
représentations positives à tout le monde, tout en ayant une signification
différente pour chacun. Il s’agit donc d’un procédé sophistique,
permettant de créer des énoncés consensuels mais vides de sens.
Congruence : Caractéristique d’une communication dont toute l’action
oratoire est alignée. Les informations transmises de manières verbale,
paraverbale et non verbale convergent dans une même direction. Contagion émotionnelle : Technique d’induction des affects utilisant leur
tendance naturelle à se transmettre, automatiquement, d’individu en
individu.
Contenu connotatif ou connotations : L’ensemble des représentations qui
sont attachées à un mot, et sur lesquelles il peut y avoir des divergences,
voire des désaccords.
Contenu dénotatif ou dénotations : Le sens littéral d’un mot, que l’on peut
définir, et sur lequel tout le monde s’entend.
Contre-argument : Une preuve avancée en démenti d’une proposition. Contre-intuition : Figure consistant à produire un énoncé paradoxal, soit en
disant l’inverse de ce que l’on devrait vouloir démontrer, soit en
donnant à penser que l’on est en train de se tromper de sujet. Crescendo : Figure consistant à organiser une montée progressive en
intensité dans le discours. Elle peut se déployer sur toutes les
dimensions de l’action oratoire : les mots, la voix ou les gestes. Diatypose : Figure consistant à déployer une description vive et ramassée. Division abusive : Sophisme consistant à prétendre que ce qui est vrai pour
le tout l’est aussi pour ses parties. Exemple : « Les grandes religions
monothéistes prônent la paix, donc les personnes religieuses sont
pacifiques. »
Dynamique compétitive : Les situations dans lesquelles plusieurs orateurs
sont, les uns pour les autres, des interlocuteurs mais pas des auditeurs.
Ils confrontent leurs positions, tout en sachant n’avoir aucune chance de
se convaincre mutuellement. Ils cherchent donc à se vaincre, afin
d’emporter l’adhésion de ceux qui les écoutent. Dynamique conflictuelle : Les situations dans lesquelles plusieurs
interlocuteurs confrontent leurs positions, tout en sachant par avance
qu’ils ne trouveront jamais un accord, et sans qu’il n’y ait un auditoire
extérieur à convaincre. Ce sont donc les contextes où seuls subsistent
l’affrontement, la violence et le conflit.
Dynamique délibérative : Les situations dans lesquelles des individus sont,
les uns pour les autres, tout à la fois orateurs, interlocuteurs et auditeurs.
Ce sont donc les contextes où la conflictualité est exclue, mais où
l’accord est nécessaire. En cas d’échec, ils mutent progressivement en
négociation.
Dynamique monologique : Les situations dans lesquelles un orateur cherche
à convaincre des auditeurs silencieux, en l’absence de tout interlocuteur.
Il s’agit d’un contexte unilatéral : celui des discours, des allocutions et
des présentations.
Effet de halo : Biais cognitif consistant, pour établir un jugement sur un
individu, à se laisser influencer par une ou plusieurs caractéristiques
marquantes qui viennent colorer l’entière perception que l’on a de lui. Il
a, par exemple, été démontré qu’il suffit de chausser des lunettes pour
avoir l’air, subitement, plus compétent.
Éloquence : L’art de parler en public, de capter l’attention, avec style, grâce
et virtuosité.
Enthymèmes : Raisonnements déductifs dans lesquels une partie des
prémisses, voire la conclusion elle-même, ne sont pas exprimées
explicitement.
Énumération ternaire : Figure consistant à dresser une liste accumulant
trois termes, et trois termes seulement. Exemple : « Je suis venu, j’ai vu,
j’ai vaincu. »
Épanalepse : Figure de la répétition, consistant à marteler un élément clé du
discours. Exemple : « Il nous faut de l’audace, encore de l’audace,
toujours de l’audace, et la France est sauvée. » (Danton) Éthopée : Figure consistant à déployer la description d’un personnage, en
retraçant sa biographie, exhibant ses mœurs ou brossant ses valeurs.
Ethos : L’une des dimensions de la rhétorique, en l’occurrence l’image que
l’orateur renvoie de lui-même.
Ethos collectif : L’image à laquelle un orateur est renvoyé, volontairement
ou non, du fait de son appartenance à un groupe préconstitué. Ethos discursif : L’image que l’orateur construit de lui-même au cours de sa
prise de parole.
Ethos préalable ou ethos prédiscursif : L’image que les auditeurs ont de
l’orateur avant qu’il ne prenne la parole.
Euphémisme : Figure consistant à atténuer l’expression de faits ou d’idées
désagréables, dans le but d’adoucir la réalité.
Ex abrupto : Transition vive et brutale, visant à capter l’attention. Utilisée
en guise d’exorde, elle consiste à rentrer immédiatement dans le vif du
sujet, en faisant fi des convenances et des présentations d’usage. Exorde ou accroche : Étape du discours consistant à introduire le propos,
capter l’attention de l’auditoire et susciter sa bienveillance. Fausse cause : Sophisme consistant à prétendre que, parce qu’un
événement se serait passé après un autre, il en serait directement la
conséquence. Cela revient à faire passer une antécédence pour une
causalité, sans que cela ait été démontré. Exemple : « L’homéopathie est
efficace : j’en prends à chaque fois que j’ai un rhume, et trois jours plus
tard, je suis guéri. »
Faux dilemme : Sophisme consistant à prétendre qu’un problème n’aurait
que deux solutions, en laissant volontairement toutes les autres dans
l’ombre. Exemple : « Je vous laisse le choix : ou vous êtes avec moi, ou
vous êtes contre moi. »
Généralisation hâtive : Raisonnement par induction dont les preuves ne
devraient pas être considérées comme suffisantes pour établir une
conclusion. Exemple : « Un meurtre terrible vient d’avoir lieu. C’est
bien la preuve que notre société devient de plus en plus violente. » Heuristiques de jugement : Les opérations de simplification utilisées par le
cerveau dans son mode intuitif. Elles consistent à remplacer les
questions trop compliquées par d’autres, plus aisées à manipuler. Homme de paille : Sophisme consistant à présenter la thèse de l’adversaire
d’une manière tellement caricaturale qu’elle en vient à se réfuter d’elle-
même.
Honneur et déshonneur par association : Sophismes consistant à considérer
que, dès lors que deux individus partagent un point commun, ce qui
s’applique à l’un s’applique aussi à l’autre. Ils permettent ainsi de
glorifier ou discréditer, à tort, un interlocuteur. Exemple : « Il est ami
avec cet homme, condamné pour malversation. C’est bien que, lui-
même, il doit être malhonnête ! »
Hyperbole : Figure de l’exagération, elle consiste à accentuer
volontairement l’expression d’une idée ou d’une réalité, afin de la
mettre en relief. Exemple : « Je m’en vais vous mander la chose la plus
étonnante, la plus surprenante, la plus merveilleuse, la plus miraculeuse,
la plus triomphante, la plus étourdissante, la plus inouïe, la plus
singulière, la plus extraordinaire… » (Marquise de Sévigné) Hypotypose : Figure consistant à déployer une description riche et détaillée. Implicite : Une dimension du langage. Elle désigne les messages que nous
parvenons à faire comprendre sans avoir à les formuler. Incantation : Procédé consistant à décrire la réalité telle que l’on voudrait
qu’elle soit, et non telle qu’elle est. Elle prend la forme d’un discours
très assertif, utilisé pour décrire une réalité beaucoup plus incertaine. Interlocuteurs : L’ensemble des individus qui interagissent les uns avec les
autres dans le cadre d’une dynamique de conviction. Invocation émotionnelle : Technique d’induction des affects consistant à les
produire à la seule force du discours.
Ligne argumentative : Un ensemble d’arguments articulés les uns aux
autres en un système cohérent.
Logique informelle : Les fondements de nos raisonnements au quotidien. Logos : L’une des dimensions de la rhétorique, en l’occurrence les
arguments que l’orateur avance.
Manipulation : L’art d’influencer les individus en contournant, altérant ou
neutralisant leurs facultés critiques.
Métaphore : Terme utilisé de manière générique. Nous l’employons pour
désigner toute analogie – c’est-à-dire un rapprochement entre deux
choses différentes – qui pivote sur un seul mot. Si l’on désire être plus
précis, on peut faire la distinction entre la comparaison, la métonymie,
la synecdoque et la métaphore proprement dite. Du point de vue de la
rhétorique, toutefois, ces quatre figures produisent des effets similaires.
Exemple : « Vous n’avez pas le monopole du cœur. » (Valéry Giscard
d’Estaing)
Modalisation : L’ensemble des procédés permettant à un locuteur
d’indiquer le jugement qu’il porte sur ses propres énoncés, du point de
vue de la plausibilité, de l’importance et de l’exactitude. Par souci de
simplification, nous parlons d’un discours modalisé lorsqu’il tend à se
présenter lui-même comme incertain, et d’un discours assertif lorsqu’il
est asséné de manière affirmée.
Mot-valise : Procédé poétique et rhétorique consistant à fusionner deux
mots existants, afin d’en créer un nouveau. Exemples : Brexit,
flexisécurité, islamo-gauchisme…
Objection : Une preuve avancée en démenti d’un argument. Objection ad hominem : Une preuve mettant en cause la cohérence de la
ligne argumentative déployée par l’interlocuteur. Il en existe deux types.
L’ad hominem interne révèle une contradiction endogène à
l’argumentation. L’ad hominem externe souligne une incohérence entre
l’argumentation et d’autres éléments qui lui sont exogènes. Objection ad personam : Une preuve mettant en cause la crédibilité de
l’interlocuteur lui-même. Il en existe deux types. L’ad personam interne
dénonce, chez un individu, une caractéristique directement en lien avec
l’argumentation qu’il est en train de développer. L’ad personam externe
fustige, a contrario, une caractéristique n’ayant aucun rapport avec le
sujet en discussion.
Objection ad rem : Une preuve mettant en cause la validité des arguments
déployés par l’interlocuteur.
Orateurs : L’ensemble des individus qui cherchent à emporter la
conviction, à l’oral comme à l’écrit.
Paralogismes : Les erreurs involontaires de raisonnement. Pathos : L’une des dimensions de la rhétorique, en l’occurrence les
émotions que l’orateur suscite chez ses auditeurs. Pensée délibérée ou pensée analytique : Mode de fonctionnement utilisé
par le cerveau pour résoudre les problèmes complexes ou les situations
nouvelles, qui nécessitent d’émettre un jugement inédit ou de trouver
une solution originale. Elle est lente et éprouvante. Pensée intuitive ou pensée heuristique : Mode de fonctionnement utilisé par
le cerveau pour résoudre les problèmes qu’il identifie comme
ordinaires, simples ou peu importants. Fondée sur des raccourcis et des
simplifications, elle semble fluide et naturelle. Pente glissante : Sophisme consistant à prétendre qu’un événement
relativement anodin va entraîner une chaîne de conséquences qui
mènera, de manière inéluctable, à un dénouement épouvantable.
Exemple : « Qui vole un œuf, vole un bœuf ! » Péroraison ou clôture : Étape du discours consistant à résumer le propos et
le conclure avec élégance.
Personnification : Figure consistant à faire agir ou parler, dans son
discours, un personnage décédé, un animal, une abstraction ou un objet. Pétition de principe ou tautologie : Sophisme consistant à utiliser, en tant
que prémisses, la conclusion à laquelle on entend aboutir. Il s’agit donc
d’un raisonnement circulaire, qui ne démontre rien. Exemple : « Dieu Question rhétorique ou question oratoire : Figure consistant à se poser une
existe parce que c’est écrit dans la Bible, et la Bible dit vrai parce
qu’elle est la parole de Dieu. »
Pivot émotionnel : Technique d’influence du comportement par les affects,
en associant une émotion inconfortable à un appel à l’action, qui permet
de résoudre la tension. Il en existe principalement trois : peur-solution,
espoir-réalisation, indignation-mobilisation.
Plan analytique : Il organise la pensée selon une logique linéaire. Plan chronologique : Il organise la pensée selon une logique temporelle. Plan dialectique : Il organise la pensée selon une logique d’opposition. Plan énumératif : Il organise la pensée selon une simple accumulation. Plan narratif : Il organise la pensée selon les codes du récit. Plan par concaténation : Il organise la pensée en se contentant d’articuler
chaque idée à la précédente, sans se soucier de la cohérence
d’ensemble.
Plan thématique : Il organise la pensée selon une logique de classification. Prétérition : Procédé consistant à énoncer un argument, tout en prétendant
y renoncer. Exemple : « J’aurais pu rappeler que, maintes fois, vous
avez eu affaire à la justice. Vous noterez que j’ai eu la gentillesse de ne
pas le faire. »
Proférence ou fonction proférentielle du langage : Elle désigne la propriété
du langage selon laquelle le simple fait d’énoncer un mot suffit à
matérialiser la réalité qu’il désigne.
Prolepse : Procédé consistant à formuler une objection à l’encontre de son
propre discours, afin d’y répondre et de la lever avant qu’un
interlocuteur n’ait eu l’opportunité de l’énoncer. Exemple : « Bien sûr,
on me dira qu’un tel projet est irréalisable. Mais sachez que… » Question avec présupposé ou question piège : Sophisme consistant à
émettre une interrogation qui contient, parmi ses prémisses,
l’affirmation que l’on souhaite faire accepter. Exemple : « Avez-vous
cessé de consommer de la drogue ? »
question à soi-même, avant d’y répondre immédiatement. Exemple :
« Je me demande comment cet homme est devenu si riche. Lui a-t-on
laissé un ample patrimoine ? Non, tous les biens de son père ont été
vendus. Lui est-il survenu quelque héritage ? Non, tous ses ascendants
l’ont déshérité. » (Rhétorique à Herennius) Raisonnements déductifs : Ils consistent à bâtir des conclusions nouvelles
en mettant en relation des propositions anciennes, appelées prémisses. Raisonnements inductifs : Ils consistent à bâtir des conclusions générales à
partir d’observations particulières.
Réactance : Mécanisme de défense psychologique selon lequel, dès lors
qu’un individu perçoit l’une de ses libertés comme menacée ou abolie,
il tend à déployer un effort pour la reconquérir. Reductio ad hitlerum : Forme paroxystique du déshonneur par association,
dans laquelle l’interlocuteur est directement renvoyé au nazisme.
Exemple : « Tu es végétarien ? Tu sais qui d’autre ne mangeait pas de
viande ? Adolf Hitler ! Cela en dit long sur les penchants totalitaires des
gens comme toi ! »
Sophisme de la solution parfaite ou « Tout ou rien » : Il consiste à rejeter
une solution au prétexte qu’elle comporterait des défauts, ou ne
répondrait pas au problème dans son intégralité. Exemple : « Les aides
sociales sont parfois victimes de fraudeurs, qui profitent du système. Il
faudrait donc les supprimer. »
Sophisme du vrai Écossais : Il consiste à écarter une objection en
prétendant, arbitrairement, que l’exemple sur lequel elle est fondée
n’appartiendrait pas véritablement au groupe considéré. Exemple : « –
Aucun Écossais ne met de sucre dans ses céréales. – Pourtant, mon
oncle Angus, qui est écossais, met du sucre dans ses céréales. – Dans ce
cas, ton oncle Angus n’est pas un vrai Écossais ! »
Sophisme par ignorance : Il consiste à prétendre que, parce que l’on ne peut
pas prouver qu’une chose existe, alors elle n’existe pas. Ou à l’inverse
que, parce qu’on ne peut pas prouver qu’une chose n’existe pas, alors
elle existe. Cela revient à confondre l’absence de preuve, et la preuve de
l’absence. Exemple : « Les scientifiques n’ont jamais pu prouver
l’existence des fantômes, donc les fantômes n’existent pas. » Sophismes : Les procédés argumentatifs fallacieux, violant une ou plusieurs
règles de la logique.
Spectateurs : L’ensemble des individus qui assistent à un échange
rhétorique, sans y prendre part ni faire l’objet d’une volonté de
conviction.
Suggestion : Description injonctive consistant à énoncer une réalité fausse
mais qui, par le fait même qu’elle a été proférée, enjoint l’interlocuteur
à s’y conformer.
Suggestion émotionnelle : Technique d’induction des affects consistant à
décrire les émotions que les auditeurs devraient ressentir, afin de les leur
transmettre.
Suspension : Figure consistant à parler de quelque chose sans préciser, dans
un premier temps, de quoi il s’agit. Exemple : « Je vais vous dire qui est
mon véritable adversaire. Il n’a pas de nom, pas de visage, pas de parti,
il ne présentera jamais sa candidature, il ne sera donc pas élu, et
pourtant il gouverne. Cet adversaire… c’est le monde de la finance. »
(François Hollande)
Syllogismes : Raisonnements déductifs dans lesquels toutes les prémisses
sont explicites, et liées à une conclusion. Exemple : « Les hommes sont
mortels, or Socrate est un homme, donc Socrate est mortel. »
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