Le pouvoir rhétorique
III - Convaincre au quotidien
Pour finir, il nous reste à délimiter le périmètre de la rhétorique, en précisant ce que nous entendons par « l’ensemble des procédés ». Sur ce point, les grands auteurs classiques se rejoignent très largement. Pour Aristote, la rhétorique repose tout entière sur trois dimensions : les arguments que l’orateur propose (logos), l’image que l’orateur renvoie (ethos), les émotions que l’orateur suscite (pathos). De la même manière, Cicéron estime qu’un bon orateur doit remplir trois objectifs : instruire les auditeurs (docere), se concilier leur bienveillance (delectare), leur faire ressentir des émotions (movere).
Argumenter. Plaire. Émouvoir. Le triptyque n’a rien perdu de son actualité. Chaïm Perelman le reprend à son compte dans son Traité de l’argumentation. L’immense majorité des auteurs contemporains en a fait de même. À notre tour, nous y souscrivons. Telles sont les armes de la rhétorique. Les voies de la conviction.
III - Convaincre au quotidien
La rhétorique n’est donc pas l’apanage des professionnels de la communication. Inhérente à la parole, elle est partout. Tous les jours, il nous faut convaincre, ou concéder notre conviction, au fil d’une infinie variété de situations. Mais en dépit de cette diversité sans cesse renouvelée, la rhétorique n’est pas pour autant une jungle désordonnée. Au quotidien, les mêmes configurations reviennent, inlassablement. Il nous faudra les comprendre si nous voulons pouvoir nous y adapter. Car nous ne mobilisons pas les mêmes outils, les mêmes techniques, les mêmes procédés selon le contexte dans lequel nous nous trouvons. Nous le verrons : être capable de repérer en un clin d’œil la dynamique dans laquelle nous évoluons, c’est déjà gagner en force de conviction.