Le pouvoir rhétorique

Clément Viktorovitch · Chapitre 86 sur 164

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Le pouvoir rhétorique

Conclusion

 

L’art d’emporter la conviction ne se résume pas à celui de cristalliser notre pensée en arguments. Encore nous reste-t-il à incarner nos arguments en mots. Cette étape est cruciale. C’est elle qui va nous permettre de naviguer entre les dimensions explicites et implicites du discours. Loin de relever d’une coquetterie poétique, ici va se révéler tout notre talent rhétorique.

Dans ce travail d’orfèvrerie, au plus près du texte, une méthode existe afin de nous orienter parmi les possibilités infinies du langage. Elle se résume, au fond, en quelques questions simples. D’abord, quels sont les mots qui nous permettront d’asseoir notre pensée sur les connotations les plus appropriées ? Ensuite, comment travailler nos verbes et leur conjugaison, afin de répartir au mieux les responsabilités au sein de notre argumentation ? Par ailleurs, de quelle manière allons-nous doser la modalisation de nos phrases, qui doit nous permettre de nous affirmer sans trop faire pression ? D’autre part, comment allons-nous accorder les sonorités que nous faisons entrer en résonance, et ainsi conférer à nos idées la force de l’évidence ? Enfin, quelles images allons-nous mobiliser, afin de souligner, condenser et protéger nos idées clés ?

Les deux mains dans la glaise. À tâtons. Guidés par notre expérience autant que par notre intuition. C’est ainsi que, phrase après phrase, syllabe après syllabe, nous façonnerons notre texte. Sculpterons notre golem rhétorique. Et insufflerons la vie à cette créature mythologique. Non plus chargée, comme dans les vieilles légendes, d’assurer assistance et protection. Mais bien d’emporter la conviction.

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