Le pouvoir rhétorique

Clément Viktorovitch · Annexe

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Le pouvoir rhétorique

Notes

 

Introduction. Pour une rhétorique partagée

 

1. Voir notamment les travaux fondateurs de Pierre Bourdieu, en particulier BOURDIEU Pierre,

1982, Ce que parler veut dire, Fayard.

2. Voir notamment SCHUMPETER Joseph, 1942, Capitalisme, socialisme et démocratie ;

ROSANVALLON Pierre, 2006, La Contre-Démocratie. La politique à l’âge de la défiance, Seuil ;

MANIN Bernard, 1995, Principe du gouvernement représentatif, Calmann-Lévy. Tous trois

s’inscrivent, à leur manière et avec des tonalités nettement différentes, au sein de ce modèle

réaliste.

3. Selon la formule célèbre employée par Abraham Lincoln dans son discours de Gettysburg, le

19 novembre 1863. Pour un état des lieux sur ces modèles, voir par exemple BLONDIAUX Loïc,

2008, Le Nouvel Esprit de la démocratie. Actualité de la démocratie participative, Seuil ;

GIRARD Charles, 2019, Délibérer entre égaux. Enquête sur l’idéal démocratique, Vrin. Pour les

sources de la pensée délibérative, voir HABERMAS Jürgen, 1997, Droit et démocratie, Gallimard.

 

Chapitre 1. Comprendre la rhétorique

 

1. Voir par exemple MEYER Michel (dir.), 1999, Histoire de la rhétorique, des Grecs à nos

jours, LGF.

2. Il faut noter que, sur la question du rapport à la rhétorique, la pensée de Platon semble avoir

été très largement héritée de celle de Socrate. Par souci de simplification, nous prenons ici pour

référence les écrits, qui sont bien sûr ceux de Platon, sans chercher à séparer les apports de

l’élève de ceux de son maître. Pour une distinction plus fine, voir par exemple DORION Louis-

André, 2004, Socrate, PUF ; BRICKHOUSE Thomas, SMITH Nicholas D., 1994, Plato’s Socrates,

Oxford University Press ; VLASTOS Gregory, 1991, Socrate : Ironie et philosophie morale,

Aubier, chapitre 2 : « Socrate contre Socrate chez Platon ».

3. DESCARTES René, 1684, Règles pour la direction de l’esprit, « Règle deuxième : Il ne faut

nous occuper que des objets dont notre esprit paroît capable d’acquérir une connaissance

certaine et indubitable. »

4. DESCARTES René, 1637, Discours de la méthode, première partie.

5. Selon les termes d’Aristote : « La rhétorique est la faculté de considérer, pour chaque

question, ce qui peut être propre à persuader. » ARISTOTE, Rhétorique, livre 1, chapitre 2, I.

6. Sur cette distinction essentielle entre rigueur et efficacité, voir chapitre 2, I-1, « Qu’est-ce

qu’un bon argument ? ».

7. Voir par exemple FONTANIER Pierre, 1821-1827, Les Figures du discours.

8. GENETTE Gérard, 1970, « La rhétorique restreinte », Communications, vol. 16, p. 158-171.

9. PERELMAN Chaïm, OLBRECHTS-TYTECA Lucie, 1958 (2008), Traité de l’argumentation. La

nouvelle rhétorique, éditions de l’Université de Bruxelles, p. 25.

10. MEHRABIAN Albert, WIENER Morton, 1967, « Decoding of inconsistent communications »,

Journal of Personality and Social Psychology, vol. 6-1, p. 109-114 ; MEHRABIAN Albert, FERRIS

Susan R., 1967, « Inference of attitudes from nonverbal communication in two channels »,

Journal of Consulting Psychology, vol. 31-3, p. 248-252.

11. Jeu de cartes qui se joue en deux contre deux.

12. Jeu vidéo qui se joue en cinq contre cinq.

13. BRETON Philippe, 1997, La Parole manipulée, La Découverte.

14. CIALDINI Robert, 1984 (2014), Influence et manipulation, Pocket ; JOULE Robert-Vincent,

BEAUVOIS Jean-Léon, 1987, Petit Traité de manipulation à l’usage des honnêtes gens, Presses

universitaires de Grenoble.

15. NACCACHE Lionel, 2006, Le Nouvel Inconscient : Freud, le Christophe Colomb des

neurosciences, Odile Jacob.

16. BRETON Philippe, 2008 (2015), Convaincre sans manipuler. Apprendre à argumenter, La

Découverte.

17. La rhétorique est définie comme « l’ensemble des techniques discursives permettant de

provoquer ou d’accroître l’adhésion des esprits aux thèses qu’on présente à leur assentiment ».

PERELMAN, OLBRECHTS-TYTECA, 1958, Traité de l’argumentation. La nouvelle rhétorique,

op. cit.

18. ANGENOT Marc, 2008, Dialogues de sourds. Traité de rhétorique antilogique, Mille et Une

Nuits.

Chapitre 2. Choisir les arguments

 

1. Cet exemple est purement fictif. Il ne repose sur aucune statistique réelle.

2. BRETON, 2008 (2015), Convaincre sans manipuler. Apprendre à argumenter, op. cit., p. 67.

3 e . Inspiré du discours prononcé par Jacques Chirac devant l’assemblée plénière du IV Sommet

de la Terre, le 2 septembre 2002, à Johannesburg en Afrique du Sud.

4. Voir chapitre 4, VI, « Le choix des images ».

5. La force persuasive du bon sens a été étayée par la recherche en psychologie, qui a mis en

évidence le concept d’« aisance cognitive ». Plus une idée nous semble claire, fluide et

familière, plus nous l’acceptons aisément. Pour une présentation synthétique de ces travaux,

voir Kahneman Daniel, 2012, Système 1, Système 2 : Les deux vitesses de la pensée,

Flammarion, chapitre 5.

6. Ironiquement, cette « loi de Brandolini » tient davantage du constat empirique, voire de

l’adage, que d’un résultat expérimental. Elle commence toutefois à apparaître progressivement

dans la littérature scientifique : EARP Brian D., 2016, « The unbearable asymetry of bullshit »,

Health Watch Newsletter, vol. 101, p. 4-5. Pour son auteur original : BRANDOLINI Alberto, « The

bullshit asymmetry principle », XP2014 Conference, Rome, 30 mai 2014.

7. Voir chapitre 5, « Mobiliser les émotions ».

8. Le caractère éminemment subjectif de la perception du risque, y compris par les individus les

plus experts d’un domaine, a bien été mis en évidence dans SLOVIC Paul, 2000, The Perception

of Risk, Sterling, EarthScan.

9. La question de l’énergie nucléaire est, bien sûr, infiniment complexe. Nous n’avons retenu

ici qu’un tout petit échantillon des arguments considérés, aux yeux des spécialistes, comme

rigoureux.

10. Voir chapitre 4, IV-1, « Plus on s’affirme, plus on triomphe des réticences ».

11. Si la tripartition entre ad rem, ad hominem et ad personam est classique, la frontière entre

les différentes catégories varie d’une tradition à l’autre. Nous nous appuyons, ici, sur la

conceptualisation proposée par Arthur Schopenhauer : bien qu’ancienne, elle est

particulièrement commode pour une appréhension pratique de la rhétorique. SCHOPENHAUER

Arthur, 1864, L’art d’avoir toujours raison : la dialectique éristique.

12. Pour une brève présentation du principe de cohérence en psychologie : CIALDINI, 1984

(2014), Influence et manipulation, op. cit., chapitre 3, « Engagement et cohérence ».

13. Voir chapitre 8, V-3, « Triompher sur une injure opportune ».

14. Voir chapitre 8, I, « Les principes de la compétition ».

 

Chapitre 3. Structurer sa pensée

1. ROSTAND Edmond, Cyrano de Bergerac, 1897, acte III, scène 7.

2. Voir chapitre 8, « Maîtriser le débat ».

3. SAINT-EXUPÉRY Antoine de, Terre des hommes, 1939, chapitre III.

4. LARIVAILLE Paul, 1974, « L’analyse (morpho)logique du récit », Poétique, vol. 19, p. 368-

388. Voir également les travaux antérieurs de Vladimir Propp.

5. MOLIÈRE, Dom Juan ou le Festin de pierre, 1665, acte V, scène 2.

6. PERELMAN Chaïm, 1977, L’Empire rhétorique, Vrin, p. 163. Voir également COBAST Éric,

2019, Les 100 Mots de l’éloquence, PUF, Que sais-je ?.

7. « Quousque tandem abutere, Catilina, patientia nostra ? », CICERON, Première Catilinaire,

63 av. J.-C..

8. Pour les travaux fondateurs : ATKINSON Max J., 1984, Our masters’ voices : The language

and body language of politics, Methuen ; ATKINSON Max J., 2004, Lend me your ears : All you

need to know about making speeches and presentations, Vermilion. Voir également : HERITAGE

John, GREATBATCH David, 1986, « Generating applause : A study of rhetoric and response at

party political conferences », American Journal of Sociology, vol. 92, p. 110-157.

9. Dans le contexte, du moins, de la rhétorique occidentale. Les claptraps semblent être, en

effet, des éléments rhétoriques particulièrement dépendants du contexte culturel. BULL Peter,

FELDMAN Ofer, 2011, « Invitations to affiliative audience responses in Japanese political

speeches », Journal of Language and Social Psychology, vol. 30, p. 158-176.

10. Directement inspiré du discours de François Hollande au Bourget, le 22 janvier 2012, alors

qu’il était encore candidat à l’élection présidentielle. La première phrase est, elle, tirée du

discours de la députée Roselyne Bachelot, le 7 novembre 1998, à l’Assemblée nationale, lors de

l’examen de la loi sur le PACS.

11. Sur l’utilisation des hyperboles pour produire des émotions, voir chapitre 5, IV-3,

« Construire des émotions ».

12. Sur l’utilisation des métaphores, voir chapitre 4, VI, « Le choix des images ».

13. Sur l’utilisation des répétitions, voir également chapitre 5, IV-3, « Construire des

émotions ».

14. Charles de Gaulle, Appel aux Français, 18 juin 1940.

15. Danton, discours à l’Assemblée législative, 2 septembre 1792.

16. Ce procédé est naturellement à rapprocher de la concaténation, dont nous parlions plus haut,

et qui n’est rien d’autre qu’une succession d’anadiploses enchaînées les unes après les autres.

17. HUGO Victor, Lucrèce Borgia, 1833, acte III, scène 3.

18. LUCAS George, Star Wars, Épisode 1 : La menace fantôme, 1999.

19. Pour le choix du terme « assonance » comme concept générique, et pour plus de précisions

sur cet outil, voir chapitre 4, V, « Le choix des sons ».

20. Voir chapitre 7, III-1, « Les concepts mobilisateurs ».

21. CARLSON Kurt A., SHU Suzanne B., 2014, « When three charms but four alarms :

Identifying the optimal number of claims in persuasion settings », Journal of Marketing,

vol. 78-1, p. 127-139 ; SHETH Jagdish N., RAJENDRA Sisodia, 2002, The rule of three : surviving

and thriving in competitive markets, Simon and Schuster ; BOOKER Christopher, 2005, The

seven basic plots : why we tell stories, Continuum International Publishing Group, « The rule of

three », p. 229-235.

22. LA FONTAINE Jean de, « Les Animaux malades de la peste », 1678.

23. Formule prononcée originellement par John Fitzgerald Kennedy lors de son discours

d’investiture, le 20 janvier 1961, et reprise par François Hollande dans son discours du Bourget.

24. YOUSSOUPHA, en featuring sur TUNISIANO, « Ils nous condamnent », 2013.

25. ORELSAN, en featuring sur JAMES Kery, « À qui la faute », 2019.

 

Chapitre 4. Façonner son texte

 

1. On parlerait d’ailleurs plutôt d’un « type de contenu ». Sur cette question infiniment vaste,

voir notamment KERBRAT-ORECCHIONI Catherine, 1986, L’Implicite, Armand Colin.

2. DUCROT Oswald, 1991 (1972), Dire et ne pas dire. Principes de sémantique linguistique,

Hermann, p. 12.

3. Voir chapitre 8, V-3, « Remporter le débat sur une injure opportune ».

4. BEAUMARCHAIS, Le Mariage de Figaro, 1784, acte I, scène 1.

5. MELCHIOR Thierry, 1998, Créer le réel. Hypnose et thérapie, Le Seuil, p. 145 et p. 302-315.

6. Il s’agit d’un résultat solidement établi par la recherche en psychologie cognitive, qui a mis

en évidence la puissance de la « pensée associative ». De nombreuses expériences montrent que

les mots auxquels nous sommes exposés charrient avec eux un univers de sens, et que cet

univers de sens influe sur notre compréhension, sur nos émotions, et même sur notre

comportement. Pour une synthèse, voir KAHNEMAN Daniel, 2012, « La machine associative »,

dans Système 1, Système 2 : les deux vitesses de la pensée, Flammarion, chapitre 4.

7. Le concept de stigmate nous vient principalement des travaux du sociologue GOFFMAN

Erving, 1963, Stigma : Notes on the Management of Spoiled Identity, Upper Saddle River. Sur la

stratégie de retournement : FASSIN Didier, RECHTMAN Richard, 2007, L’Empire du

traumatisme : enquête sur la condition de victime, Flammarion.

8. MASON Malia F., LEE Alice J., WILEY Elizabeth A., AMES Daniel R., 2013, « Precise offers

are potent anchors : Conciliatory counteroffers and attributions of knowledge in negotiations »,

Journal of Experimental Social Psychology, vol. 49-4, p. 759-763.

9. Voir chapitre 6, II-3, « Paraître compétent ».

10. Sur ces questions : ZHANG Charles, Schwartz Norbert, 2012, « How and Why 1 year differs

from 365 days : A conversational logic analysis of inferences from the granularity of

quantitative expressions », Journal of Consumer Research, vol. 39-2, p. 248-259.

11. Voir chapitre 2, III-4, « Devancer les objections ».

12. BREHM Jack W., 1966, A Theory of Psychological Reactance, Academic Press. Voir

également BREHM Sharon S., BREHM Jack W., 1981, Psychological Reactance : A Theory of

Freedom and Control, Academic Press.

13. Pour une revue de la littérature sur la réactance psychologique : ROSENBERG Benjamin D.,

SIEGEL Jason T., 2018, « A 50 year review of psychological reactance theory : Do not read this

article », Motivation Science, vol. 4-4, p. 281-300 ; REYNOLDS-TYLUS Tobias, 2019,

« Psychological reactance and persuasive health communication : A Review of the Literature »,

Frontiers in Communication, vol. 4, art. 56.

14. VERLAINE Paul, Art poétique, 1874.

15. RACINE, Phèdre, 1677, acte I, scène 3.

16. RACINE, Andromaque, 1667, acte V, scène 5.

17. CORNEILLE, Le Cid, 1637, acte II, scène 1.

18. MCGLONE Matthew S., TOFIGHBAKHSH Jessica, 1999, « The Keats heuristic : Rhyme as

reason in aphorism interpretation », Poetics, vol. 26-4, p. 235-244 ; MCGLONE Matthew S.,

TOFIGHBAKHSH Jessica, 2000, « Birds of a feather flock conjointly : Rhyme as reason in

aphorisms », Psychological Science, vol. 11-5, p. 424-428.

19. En plus de ce biais esthétique, les études psycholinguistiques identifient deux autres

mécanismes tendant à expliquer l’effet rhyme as reason : un biais de mémorisation et un biais

de fluidité. En introduisant de l’harmonie entre les sonorités, il deviendrait plus facile de suivre

et de se remémorer notre propos.

20. JAMES Kery, « Banlieusards », 2008.

21. STENDHAL, Le Rouge et le Noir, 1830, chapitre LXIV.

22. Voir chapitre 7, III-1, « Les concepts mobilisateurs ».

23. RICŒUR Paul, 1975, La Métaphore vive, Seuil ; CHARBONNEL Nanine, 1991, Les Aventures

de la métaphore, Presses Universitaires de Strasbourg ; GARDES TAMINE Joëlle, 2011, Au cœur

du langage : la métaphore, Honoré Champion ; DETRIE Catherine, 2001, Du sens dans le

processus métaphorique, Honoré Champion.

24. PERELMAN, OLBRECHTS-TYTECA, 1958, Traité de l’argumentation. La nouvelle rhétorique,

op. cit., « Le raisonnement par analogie », § 82-88 ; FONTANIER Pierre, 1830, Les Figures du

discours, « Seconde partie : Théorie des tropes ».

25. Voir chapitre 2, I-2, « Les différents types d’arguments ».

26. BAUDELAIRE Charles, « La Musique », 1857.

27. LAMARTINE Alphonse de, L’Infini dans les cieux, 1830.

28. CORNEILLE, Le Cid, 1637, acte I, scène 5.

29. HUGO Victor, « Demain, dès l’aube… », 1856.

30. Cette méthode nous est suggérée par FERRY Victor, 2020, 12 leçons de rhétorique pour

prendre le pouvoir, Eyrolles, p. 156.

31. Voir chapitre 3, III, « Commencer avec brio », et IV, « Conclure avec panache ».

32. L’expression est de PLANTIN Christian, 2009, « Un lieu pour les figures dans la théorie de

l’argumentation », Argumentation et analyse du discours, vol. 2.

 

Chapitre 5. Mobiliser les émotions

 

1. Par exemple : « Pour convaincre, l’orateur fera appel à la raison de son auditoire. Il

présentera notamment des arguments et il organisera éventuellement une démonstration. Pour

persuader, en revanche, il jouera sur les émotions, les sentiments, utilisant de nombreux

procédés expressifs, des figures, des images. » COBAST, 2019, op. cit., p. 11-49. Pour une

discussion approfondie sur l’histoire et la pertinence de cette distinction : O’KEEFE Daniel J.,

2011, « Conviction, persuasion, and argumentation: Untangling the ends and means of

influence », Argumentation, vol. 26-1, p. 19-32.

2. CICERON, De l’orateur, II, 178 ; QUINTILIEN, Institution oratoire, VI, 2 ; cités par PLANTIN

Christian, 2011, Les Bonnes Raisons des émotions. Principes et méthodes pour l’étude du

discours émotionné, Peter Lang, p. 19-20.

3. PETIT Emmanuel, 2015, Économie des émotions, La Découverte, chapitre 2, « Les émotions

sont-elles rationnelles ? ».

4. TVERSKY Amos, KAHNEMAN Daniel, 1971, « Belief in the law of small numbers »,

Psychological Bulletin, vol. 76-2, p. 105-110.

5. KAHNEMAN Daniel, 2012, Système 1, Système 2. Les deux vitesses de la pensée, Flammarion,

p. 123.

6. DAMASIO Antonio, 1994, L’Erreur de Descartes. La raison des émotions, Odile Jacob, p. 8.

7. LEMMINGS David, BROOKS Ann, 2014, « The emotional turn in the humanities and social

sciences », dans LEMMINGS David, BROOKS Ann (dir.), Emotions and Social Change, Routledge,

p. 3-18.

8. Pour une analyse de la réponse européenne à la crise migratoire de 2015 : GREENHILL Kelly

M., 2016, « Open arms behind barred doors: Fear, Hypocrisy and Policy Schizophrenia in the

european migration crisis », European Law Journal, vol. 22-3, p. 317-332. L’estimation du

nombre de décès dans la mer Méditérannée entre janvier et septembre 2015 est citée dans

MIRZOEFF Nicholas D., « Don’t look away from Aylan Kurdi’s image », The Conversation,

8 septembre 2015.

9. Les ordres de grandeur sont inspirés de la situation française, en janvier 2021.

10. Voir chapitre 1, II-4, « De la manipulation ? ».

11. Pour l’expérience initiale : FINUCANE Melissa L., ALHAKAMI Ali, SLOVIC Paul, JOHNSON

Stephen M., 2000, « The affect heuristic in judgments of risks and benefits », Journal of

Behavioral Decision Making, vol. 13-1, p. 1-17. Pour des développements plus généraux :

SLOVIC Paul, FINUCANE Melissa L., PETERS Ellen, MACGREGOR Donald G., 2002, « The affect

heuristic », dans GILOVICH Thomas, GRIFFIN Dale, KAHNEMAN Daniel (dir.), Heuristics and

Biases: The Psychology of Intuitive Judgment, Cambridge University Press, p. 397-420 ; SLOVIC

Paul, FINUCANE Melissa L., PETERS Ellen, MACGREGOR Donald G., 2004, « Risk as Analysis

and Risk as Feelings: Some thoughts about affect, reason, risk, and rationality », Risk Analysis,

vol. 24-2, p. 311-322.

12. PLASS Jan L., MORENO Roxana, BRÜNKEN Roland, 2010, Cognitive Load Theory,

Cambridge University Press ; SWELLER John, AYRES Paul, KALYUGA Slava, 2011, Cognitive

Load Theory, Springer.

13. TRÉMOLIÈRE Bastien, GAGNON Marie-Eve, BLANCHETTE Isabelle, 2016, « Cognitive load

mediates the effect of emotion on analytical thinking », Experimental Psychology, vol. 63-6,

p. 343-350 ; BLANCHETTE Isabelle, CAPAROS Serge, TRÉMOLIÈRE Bastien, 2018, « Emotion and

Reasoning », dans BALL Linden J., THOMPSON Valerie A. (dir.), The Routledge International

Handbook of Thinking and Reasoning, Routledge, p. 57-70.

14. ELIADES Marios, MANSELL Warren, BLANCHETTE Isabelle, 2013, « The effect of emotion on

statistical reasoning : Findings from a base rates task », Journal of Cognitive Psychology, vol.

25-3, p. 277-282 ; ELIADES Marios, MANSELL Warren, STEWART Andrew J., BLANCHETTE

Isabelle, 2012, « An investigation of belief-bias and logicality in reasoning with emotional

contents », Thinking & Reasoning, vol. 18-4, p. 461-479.

15. Pour la vulnérabilité aux sophismes : QURAISHI Shireen, OAKSFORD Mike, 2014, « Emotion

as an argumentative strategy: how induced mood affects the evaluation of neutral and

inflammatory slippery slope arguments », dans BLANCHETTE Isabelle (dir.), Emotion and

Reasoning. Current Issues in Thinking and Reasoning, UK Psychology Press, p. 95-118. Pour la

porosité aux fausses nouvelles : MARTEL Cameron, PENNYCOOK Gordon, RAND David G, 2020,

« Reliance on emotion promotes belief in fake news », Cognitive Research. Principles and

Implications, vol. 5-1 ; PENNYCOOK Gordon, RAND David G., 2019, « Lazy, not biased:

Susceptibility to partisan fake news is better explained by lack of reasoning than by motivated

reasoning », Cognition, vol. 188, p. 39-50.

16. Sur l’effet différencié des émotions, voir notamment la synthèse de PHAM Michel Tuan,

2008, « Emotion and Rationality: A critical review and interpretation of empirical evidence »,

Review of General Psychology, vol. 11-2, p. 155-178.

17. L’étude des émotions primaires est indissociable des travaux de Paul Ekman. Pour sa

publication fondatrice, où il confirme le lien entre émotion primaire et expressions faciales :

EKMAN Paul, FRIESEN Wallace V., 1971, « Constants across cultures in the face and emotion »,

Journal of Personality and Social Psychology, vol. 17-2, p. 124-129. Voir également les

synthèses et les compléments ultérieurs : EKMAN Paul, FRIESEN Wallace V., ELLSWORTH Phoebe,

1972, Emotion in the Human face. Guidelines for Research and an Integration of Findings,

Pergamon Press ; EKMAN Paul, 1999, « Basic Emotions », dans DALGLEISH Tim, POWER Mick

(dir.), Handbook of Cognition and Emotion, John Wiley & Sons. Pour une étude plus récente,

identifiant jusqu’à 27 émotions primaires distinctes : COWEN Alan S., KELTNER Dacher, 2017,

« Self-report captures 27 distinct categories of emotion bridged by continuous gradients »,

Proceedings of the National Academy of Sciences, vol. 114-38.

18. Les trois premières familles (enthousiasme, aversion, anxiété) ont été dégagées par l’une

des propositions les plus fortes, en sciences sociales, concernant l’impact des émotions : la

« théorie de l’intelligence affective ». MARCUS George E., 2002, The Sentimental Citizen.

Emotion in Democratic Politics, Pennsylvania State University Press ; MARCUS George E.,

NEUMAN W. Russell, MACKUEN Michael B., 2000, Affective Intelligence and Political

Judgment, University of Chicago Press. Nous prenons la liberté de rajouter la compassion, qui

nous paraît essentielle pour saisir également l’argumentation au quotidien.

19. Pour une étude mettant en valeur l’éventail d’émotions pouvant être mobilisées par les

différents acteurs dans un même contexte, en l’occurrence électoral : BALLET Marion, 2012,

Peur, espoir, compassion, indignation. L’appel aux émotions dans les campagnes présidentielles

(1981-2007), Dalloz.

20. SCHERER Klaus R., 1984, « On the nature and function of emotion: A component process

approach », dans SCHERER Klaus R., EKMAN Paul (dir.), Approaches to Emotion, Lawrence

Erlbaum, p. 293-317. Voir également la synthèse proposée par MICHELI Raphaël, 2010,

L’Émotion argumentée. L’abolition de la peine de mort dans le débat parlementaire français,

Éditions du Cerf, p. 48-50.

21. Nous proposons cette liste simplifiée, que nous fondons sur la synthèse proposée par

PLANTIN, 2011, op. cit., p. 176-181.

22. Nous retrouvons ici, pour partie au moins, ce que nous avions vu concernant la dimension

implicite du langage. Voir chapitre 4, I, « Le domaine de l’implicite ».

23. Nous nous inspirons, ici, de l’opposition classique entre émotion dénotée et connotée,

proposée notamment par KERBRAT-ORECCHIONI Catherine, 2000, « Quelle place pour les

émotions dans la linguistique du e XX siècle ? Remarques et aperçus », dans PLANTIN Christian,

DOURY Marianne, TRAVERSO Dominique (dir.), Les Émotions dans les interactions, Presses

universitaires de Lyon.

24. Nous empruntons cette distinction, à nouveau, à PLANTIN, 2011, op.cit., p. 137-142.

25. Pour la définition de la contagion émotionnelle : HATFIELD Elaine, CACIOPPO John T.,

RAPSON Richard L., 1994, Emotional Contagion, Cambridge University Press, p. 5. Pour son

articulation avec le concept d’empathie : FAVRE Daniel, JOLY Jacques, Reynaud Christian,

SALVADOR Luc Laurent, 2005, « Empathie, contagion émotionnelle et coupure par rapport aux

émotions », Enfance, vol. 57-4, p. 363-382.

26. Pour une discussion détaillée des travaux d’Albert Mehrabian et son équipe, voir chapitre 1,

II-2, « De l’éloquence ? ».

27. Rappelons que, contrairement à de tenaces idées reçues, l’hypnose est une discipline

rigoureuse, étudiée en laboratoire et enseignée en faculté de médecine. Elle est utilisée dans le

cadre d’accompagnements thérapeutiques, d’opérations chirurgicales et, il est vrai, de spectacles

de divertissement. Pour un état des lieux des connaissances sur l’hypnose : BARNIER Amanda J.,

NASH Michael R. (dir.), 2008, The Oxford Handbook of Hypnosis. Theory, Research, and

Practice, Oxford University Press.

28. MELCHIOR, 1998, op. cit., p. 259-268.

29. Sur l’assignation des émotions, voir également MICHELI, 2010, op. cit., p. 159-163.

30. Pour établir cette liste, nous nous sommes aidés de PLANTIN, 2011, op. cit., p. 166-172, lui-

même s’appuyant largement sur LAUSBERG Heinrich, 1960, Handbuch der literarischen

Rhetorik. Eine Grundlegung der Literaturwissenschaft.

31. Sur les figures de présence, voir chapitre 4, VI-2, « Les effets des métaphores ».

32. Cette affirmation est discutable : elle nécessiterait de rentrer dans le débat complexe sur la

définition de ce qu’est une « figure de style ». Nous choisissons de le laisser de côté : tout

passionnant qu’il soit, son intérêt pratique demeure, pour nous, limité. Sur la définition de

l’exclamation : PAGANI-NAUDET Cendrine, 2016, « De l’admiration à l’exclamation. Élaboration

d’un concept ou construction d’un problème ? », Revue de sémantique et pragmatique, vol. 40,

p. 59-77.

33. Voir chapitre 3, IV, « Conclure avec panache ».

34. TRUMP Donald J., SCHWARZ Tony, 1987, Trump. The Art of the Deal, Random House.

35. Voir chapitre 4, VI, « Le choix des images ».

36. Pour les premières remarques sur la surprise en tant qu’émotion primaire : EKMAN,

FRIESEN, ELLSWORTH, 1972, op. cit. Pour un bilan des recherches ultérieures, et la

reconceptualisation de la surprise en une structure de perception du réel : DEPRAZ Natalie, 2018,

« Surprise, Valence, Emotion: The multivectorial integrative cardio-phenomenology of

surprise », Contributions to Phenomenology, vol. 97, p. 23-52.

37. DESMIDT Thomas, LEMOINE Maël, BELZUNG Catherine, DEPRAZ Natalie, 2014, « The

temporal dynamic of emotional emergence », Phenomenology and the Cognitive Sciences,

vol. 13-4, p. 557-578.

38. Quelques travaux ont commencé à mettre en évidence l’efficacité spécifique de la

« volatilité émotionnelle », qui consiste à faire se succéder volontairement des états émotionnels

confortables et inconfortables. BERGER Jonah, KIM Yoon Duk, MEYER Robert, 2021, « What

makes content engaging? How emotional dynamics shape success », Journal of Consumer

Research, UCAB010.

39. Pour le lien entre anxiété et ouverture à de nouvelles propositions : MACKUEN Michael,

WOLAK Jennifer, KEELE Luke, MARCUS George E., 2010, « Civic engagements: Resolute

partisanship or reflective deliberation », American Journal of Political Science, vol. 54-2,

p. 440-458 ; BRADER Ted, 2005, « Striking a responsive chord: How political ads motivate and

persuade voters by appealing to emotions », American Journal of Political Science, vol. 49-2,

p. 388-405. Pour la vertu civique de l’anxiété : VALENTINO Nicholas A., HUTCHINGS Vincent L.,

BANKS Antoine J., DAVIS Anne K., 2008, « Is a worried citizen a good citizen? Emotions,

political information seeking, and learning via the Internet », Political Psychology, vol. 29-2,

p. 247-273. Pour l’effet de l’anxiété sur l’adhésion aux fausses nouvelles : WEEKS Brian E.,

2015, « Emotions, Partisanship, and Misperceptions: How anger and anxiety moderate the effect

of partisan bias on susceptibility to political misinformation », Journal of Communication,

vol. 65-4, p. 699-719.

40. Il s’agit du nombre d’individus décédés sur les routes en France en 2019.

41. COURBET Didier, 2003, « Réception des campagnes de communication de santé publique et

efficacité des messages suscitant de la peur », Communication, vol. 22-1, p. 100-120.

42. Sur la paralysie induite par un sentiment de peur trop extrême : WITTE Kim, 1992, « Putting

the fear back into fear appeals: The extended parallel process model », Communication

Monographs, vol. 59-4, p. 329-349 ; WITTE Kim, 1994, « Fear Control and Danger control: A

test of the extended parallel process model (EPPM) », Communication Monographs, vol. 61,

p. 113-134.

43. BALLET, 2012, op. cit. ; BRADER, 2005, op. cit.

44. Le terme « populiste » pose de grandes difficultés : nous ne l’employons qu’avec réticence,

parce que c’est celui que les études en question tendent à utiliser. Voir notamment RICO

Guillem, GUINJOAN Marc, ANDUIZA Eva, 2017, « The emotional underpinnings of populism:

How anger and fear affect populist attitudes », Swiss Political Science Review, vol. 23-4, p. 444-

461 ; et MARCUS George E., VALENTINO Nicholas A., VASILOPOULOS Pavlos, FOUCAULT

Martial, 2019, « Applying the theory of affective intelligence to support for authoritarian

policies and parties », Advances in Political Psychology, vol. 40-S1, p. 109-139. Pour

l’indignation comme moteur sur les réseaux sociaux : JIMÉNEZ-ZAFRA Salud María, SAÉZ-

CASTILLO Antonio José, CONDE-SÁNCHEZ Antonio, MARTÍN-VALDIVIA María Teresa, 2021,

« How do sentiments affect virality on Twitter ? », Royal Society Open Science, vol. 8-4. Pour le

rôle central des émotions dans la circulation rapide des fausses informations sur les réseaux :

VOSOUGHI Soroush, ROY Deb, ARAL Sinan, 2018, « The spread of true and false news online »,

Science, vol. 359, p. 1146-1151.

 

Chapitre 6. Travailler son image

 

1. LA FONTAINE Jean de, « Le Singe et le Léopard », Fables, 1678.

2. Voir chapitre 5, I-1, « Raison et émotions ».

3. GARDAIR Emmanuèle, 2007, « Heuristiques et biais : quand nos raisonnements ne répondent

pas nécessairement aux critères de la pensée scientifique et rationnelle », Revue électronique de

psychologie sociale o , n 1, p. 35-46.

4. THORNDIKE Edward L., 1920, « A constant error in psychological ratings », Journal of

Applied Psychology, vol. 4, p. 25-29.

5. KAHNEMAN, 2012, op. cit., p. 241.

6. HARRIS Mary B., HARRIS Richard J., BOCHNER Stephen, 1982, « Fat, four-eyed, and female :

Stereotypes of obesity, glasses, and gender », Journal of Applied Social Psychology, vol. 12-6,

p. 503-516.

7. TODOROV Alexander et al., 2005, « Inferences of competence from faces predict election

outcomes », Science, vol. 308, p. 1623-1626.

8. OLIVOLA Christopher Y., TODOROV Alexander, 2010, « Elected in 100 milliseconds:

Appearance-based trait inferences and voting », Journal of Nonverbal Behaviour, vol. 34, p. 83-

110.

9. OOSTERHOF Nikolaas N., TODOROV Alexander, 2008, « The functional basis of face

evaluation », Proceedings of the National Academy of Sciences, vol. 105-32, p. 11087-11092.

10. Dans toutes ces expériences, la « beauté » n’est bien sûr pas considérée comme une donnée

objective fixée par les chercheurs. Elle est au contraire évaluée directement par les participants,

qui doivent, par exemple, noter une série de portraits sur une échelle allant de « très attirant » à

« très peu attirant ». Pour l’une des études fondatrices : DION Karen, BERSCHEID Ellen,

WALSTER Elaine, 1972, « What is beautiful is good », Journal of Personality and Social

Psychology, vol. 24-3, p. 285-290. Pour une analyse d’ensemble : EAGLY Alice H., ASHMORE

Richard D., MAKHIJANI Mona G., LONGO Laura C., 1991, « What is beautiful is good, but... A

meta-analytic review of research on the physical attractiveness stereotype », Psychological

Bulletin, vol. 110-1, p. 109-128. Pour l’effet de la beauté sur les appels à l’aide : BENSON Peter

L., KARABENICK Stuart. A., LERNER Richard M., 1976, « Pretty pleases: The effects of physical

attractiveness, race, and sex on receiving help », Journal of Experimental Social Psychology,

vol. 12-5, p. 409-415. Pour l’effet de la beauté sur les condamnations : EFRAN Michael G., 1974,

« The effect of physical appearance on the judgment of guilt, interpersonal attraction, and

severity of recommended punishment in simulated jury task », Journal of Research in

Personality, vol. 8-1, p. 45-54 ; STEWART John E., 1980, « Defendant’s attractiveness as a factor

in the outcome of criminal trials: An observational study », Journal of Applied Social

Psychology, vol. 10-4, p. 348-361. Pour l’effet de la beauté sur la persuasion : CHAIKEN Shelly,

1979, « Communicator physical attractiveness and persuasion », Journal of Personality and

Social Psychology, vol. 37-8, p. 1387-1397.

11. JUDGE Timothy A., CABLE Daniel M., 2004, « The effect of physical height on workplace

success and income: Preliminary test of a theoretical model », Journal of Applied Psychology,

vol. 89-3, p. 428-444. Confirmé par des statistiques à grande échelle dans : TYRRELL Jessica et

al., 2016 : « Height, body mass index, and socioeconomic status: mendelian randomisation

study in UK Biobank », BMJ, vol. i582.

12. KLOFSTAD Casey A., ANDERSON Rindy C., PETERS Susan, 2012, « Sounds like a winner:

voice pitch influences perception of leadership capacity in both men and women », Proceedings

of the Royal Society B. Biological Sciences, vol. 279-1738, p. 2698–2704 ; KLOFSTAD Casey A.,

2015, « Candidate voice pitch influences election outcomes », Political Psychology, vol. 37-5,

p. 725-738. Pour une revue de la littérature : PISANSKI Katarzyna, BRYANT Gregory A., 2019,

« The evolution of voice perception », dans EIDSHEIM Nina Sun, MEIZEL Katherine L. (dir.), The

Oxford Handbook of Voice Studies, New York, Oxford University Press, p. 269-300.

13. KARPF Anne, 2006, The Human Voice. The Story of a Remarkable Talent, Bloomsbury,

chapitre 14.

14. BICKMAN Leonard, 1974, « The social power of a uniform », Journal of Applied Social

Psychology, vol. 4-1, p. 47-61 ; BUSHMAN Brad J., 1984, « Perceived symbols of authority and

their influence on compliance », Journal of Applied Social Psychology, vol. 14-6, p. 501-508.

15. GUÉGUEN Nicolas, PASCUAL Alexandre, 2003, « Status and people tolerance against ill-

mannered person: A field study », Journal of Mundane Behavior, vol. 4, p. 1-8. Pour une des

premières études sur l’influence du costume de ville dans les interactions sociales : LEFKOWITZ

Monroe, BLAKE Robert R., MOUTON Jane S., 1955, « Status factors in pedestrian violation of

traffic signals », The Journal of Abnormal and Social Psychology, vol. 51-3, p. 704-706. Pour

une étude prouvant l’impact positif des vêtements d’autorité sur la force de conviction :

FORSYTHE Sandra M., 1990, « Effect of applicant’s clothing on interviewer’s decision to hire »,

Journal of Applied Social Psychology, vol. 20-19, p. 1579-1595.

16. CIALDINI, 2004, op. cit., p. 243. Pour l’étude prouvant l’impact de la similarité : EMSWILLER

Tim, DEAUX Kay, WILLITS Jerry E., 1971, « Similarity, sex, and requests for small favors »,

Journal of Applied Social Psychology, vol. 1-3, p. 284-291.

17. KAHNEMAN, 2012, op. cit., p. 253.

18. LENZ Gabriel S., LAWSON Chappell, 2011, « Looking the part: Television leads less

informed citizens to vote based on candidates appearance », American Journal of Political

Science, vol. 55-3, p. 574-589.

19. Jean-Marie Cotteret parle par exemple du « caractère sensé, sincère et sympathique » des

orateurs : COTTERET Jean-Marie, 2000, La Magie du discours. Précis de rhétorique

audiovisuelle, Michalon, p. 33-40. Pour l’analyse des trois attributs de l’ethos chez Aristote :

EGGS Ekkehard, 1999, « Ethos aristotélicien, conviction et pragmatique moderne », dans

AMOSSY Ruth (dir.), Images de soi dans le discours. La construction de l’ethos, Delachaux et

Niestlé, p. 31-59.

20. Sur la distinction entre ethos préalable et discursif, et plus généralement sur l’ethos au sein

du système rhétorique : AMOSSY Ruth, 2010, La Présentation de soi, PUF.

21. La distinction entre ethos dit et ethos montré a été proposée par MAINGUENEAU Dominique,

2002, « Problème d’ethos », Pratiques, vol. 113-114, p. 55-67.

22. Sur cette question : AMOSSY Ruth, 2010, op. cit., « Chapitre 2. Les modèles culturels de la

présentation de soi : Imaginaire social et stéréotypage ».

23. PLANTIN, 2011, op. cit., p. 31. Cette réflexion remonte du reste à Aristote lui-même, qui

notait déjà : « Nous accordons notre confiance quand l’orateur paraît vertueux ou bienveillant

ou les deux à la fois » (nous soulignons). ARISTOTE, Rhétorique, livre I, chapitre 8.

24. Il s’agit, du reste, d’un résultat fermement établi par la psychologie sociale : plus la source

d’un message est perçue comme digne de foi (trustworthy), plus sa communication en devient

convaincante. Pour une des premières études : WALSTER Elaine, FESTINGER Leon, 1962, « The

effectiveness of “overheard” persuasive communications », Journal of Abnormal and Social

Psychology, vol. 65, p. 395-402. Pour une revue de la littérature : PORNPITAKPAN Chanthika,

2004, « The persuasiveness of source credibility: A critical review of five decades evidence »,

Journal of Applied Social Psychology, vol. 34-2, p. 243-281.

25. Voir chapitre 2, III-2, « Les objections ad hominem ».

26. Voir chapitre 5, IV-1, « La contagion émotionnelle ».

27. La situation est directement inspirée de l’interview de Dominique Strauss-Kahn par Claire

Chazal, sur TF1, le 18 septembre 2011. Contrairement à ce qui est imaginé ici, l’ancien directeur

du FMI avait au contraire été très, sans doute trop, préparé. L’entretien devait préparer son

retour : il fut sa dernière grande intervention publique.

28. QUINTILIEN, Les Institutions oratoires, livre IX, chapitre 2.

29. Sur l’utilisation de Twitter par Donald Trump et, plus généralement, sur l’authenticité dont

il a été crédité : SHANE Tommy, 2018, « The semiotics of authenticity: indexicality in Donald

Trump’s tweets », Social Media + Society, vol. 1-14.

30. Voir chapitre 8, IV, « La défense ».

31. Là aussi, la psychologie sociale s’est chargée de mettre en évidence l’efficacité de la

compétence perçue (expertise) dans le processus de conviction. Voir par exemple

BRAUNSBERGER Karin, MUNCH James M., 1998, « Source expertise versus experience effects in

hospital advertising », Journal of Services Marketing, vol.12-1, p.23-38.

32. Voir chapitre 2, I-2, « Les différents types d’arguments ».

33. Voir chapitre 4, I-2, « Ce que l’on précise, c’est ce qui ne va pas de soi ».

34. Nous retrouvons ici des considérations déjà envisagées pour la gestion des prolepses. Voir

chapitre 2, III-4, « Devancer les objections ».

35. Voir chapitre 5, II-1, « L’altération des facultés de jugement ».

36. Sur les liens intrinsèques entre charisme et succès : SHILS Edward, 1965, « Charisma,

Order, and Status », American Sociological Review, vol. 30-2, p. 199-213. Sur l’ambiguïté du

concept de charisme : TURNER Stephen, 2003, « Charisma Reconsidered », Journal of Classical

Sociology, vol. 3-1, p. 5-26.

37. Définition proposée par Le Larousse.

38. Pour une mise en évidence de l’impact d’ethos différents sur des auditoires distincts :

DUBOIS David, RUCKER Derek D., GALINSKY Adam D., 2016, « Dynamics of communicator and

audience power: The persuasiveness of competence versus warmth », Journal of Consumer

Research, vol. 43-1, p. 68-85.

39. Sur le concept d’ethos collectif : ORKIBI Eithan, AMOSSY Ruth (dir.), 2021, Ethos collectif

et identités sociales, Classiques Garnier.

Chapitre 7. Reconnaître la tromperie

 

1. MOLIÈRE, Les Fourberies de Scapin, 1671, acte 1, scène 2.

2. Sur la sophistique, la littérature historique est très vaste. Contentons-nous de citer l’ouvrage

monumental de CASSIN Barbara, 1995, L’Effet sophistique, Gallimard ; ainsi que la thèse

audacieuse de KERFERD George Briscoe, 1981, The Sophistic Movement, Cambridge University

Press.

3. HAMBLIN Charles Leonard, 1970, Fallacies, Vale Press ; WOODS John, WALTON Douglas,

1989, Fallacies, De Gruyter ; VAN EEMEREN Frans H., GROOTENDORST Rob, 1992,

Argumentation, Communication, and Fallacies, Routledge.

4. Voir chapitre 5, « Mobiliser les émotions ». Sur les liens entre sophismes et émotions, nous

renvoyons à la discussion approfondie dans PLANTIN, 2011, op. cit., chapitre 5, « Théorie des

fallacies. Une argumentation sans sujet ni affect ? ».

5. Voir chapitre 2, I-3, « Le bon sens et l’exemple : deux armes trop efficaces ? ».

6. La structure de l’exemple est empruntée à Jacques Moeschler, cité par AMOSSY Ruth, 2010,

L’Argumentation dans le discours, Armand Colin, p. 112. Nous plaidons coupable, en revanche,

pour le clin d’œil au Service après-vente des émissions, d’Omar Sy et Fred Testot, 2005-2012.

7. La littérature, sur ces questions, est immense. Voir, par exemple : JOHNSON Ralph H., 1996,

The rise of informal logic, Vale Press ; VAN EEMEREN Frans H., GROOTENDORST Rob, 2004, A

Systematic Theory of Argumentation: The Pragma-dialectical Approach, Cambridge University

Press.

8. HEINRICHS Jay, 2013, Thank You for Arguing, Three Rivers Press, p. 146.

9. PLATON, Hippias Majeur. 287e.

10. SAGAN Carl, 1979, Broca’s Brain: Reflections on the Romance of Science, Random House,

p. 64.

11. FLEW Antony, 1966, God & Philosophy, Hutchinson, p. 104.

12. PAULHAN Jean, 1953, La Preuve par l’étymologie, Les Éditions de Minuit.

13. Nous empruntons l’exemple à HEINRICHS, 2013, op. cit., p. 150.

14. On les trouve aussi qualifiés de concepts opérationnels, en référence aux travaux du

philosophe Herbert Marcuse. Mais cette terminologie nous semble à la fois moins évidente et

plus spécifique. MARCUSE Herbert, 1968, L’Homme unidimensionnel, Les Éditions de Minuit.

15. Voir chapitre 3, IV-1, « L’art de marquer les esprits : les claptraps ».

16. On peut citer par exemple, parmi bien d’autres contributions, l’ouvrage monumental de

John Rawls : RAWLS John, 1971, A Theory of Justice, Harvard University Press.

17. Sur la difficulté de catégoriser un discours comme creux et trompeur, se reporter aux

judicieuses remarques de DUFAYS Jean-Louis, 2010, « Stéréotypie et langue de bois : comme un

air de famille », Hermès, La Revue, vol. 58-3, p. 41-46.

18. Les expressions sont respectivement de : HAZAN Éric, 2006, LQR : la propagande au

quotidien, Raisons d’agir, p. 38 ; HUYGHE François-Bernard, 1991, La Langue de coton,

Laffont, p. 59 ; et, pour les deux dernières, DELPORTE Christian, 2009, Une histoire de la langue

de bois, Flammarion, p. 10.

19. Pour un tour d’horizon des recherches récentes : se reporter au dossier spécial « Les langues

de bois » dans le numéro 58-3 de la revue Hermès (2010). Consulter également la belle synthèse

réalisée par N e IMTZ Julie, 2018, La « Langue de bois » au Royaume-Uni au XXI siècle : une

étude sémiolinguistique du parler politique contemporain, Thèse de linguistique, université de

Strasbourg, 2018.

20. ORWELL George, 1946, Politics and the English Language.

21. HUYGHE, 1991, op. cit., p. 12-13.

 

Chapitre 8. Maîtriser le débat

 

1. ROSTAND Edmond, Cyrano de Bergerac, 1897, acte 1, scène 4.

2. Pour une analyse approfondie de la dynamique compétitive, voir chapitre 1, III-2, « Les

dynamiques ».

3. Sur l’ensemble de ce processus, voir chapitre 2, II, « Élaborer une ligne argumentative ».

4. Voir chapitre 4, II-2, « Mettre les connotations de son côté ».

5. Nous empruntons cet exemple à HEINRICHS, 2013, op. cit., p. 118.

6. Sur les questions avec présupposé, voir chapitre 7, II-2, « Les options lacunaires ».

7. BEAUMARCHAIS, Le Barbier de Séville, 1775, acte II, scène 8.

8. Voir chapitre 4, IV-1, « Plus on s’affirme, plus on triomphe des réticences ».

9. Voir chapitre 6, II-2, « La sincérité ».

10. Voir chapitre 7, I-3, « Les raisonnements déductifs : syllogismes et enthymèmes ».

11. Voir « Les questions avec présupposé », dans chapitre 7, II-2, « Les options lacunaires ».

12. SCHOPENHAUER Arthur, 1831, L’Art d’avoir toujours raison. La dialectique éristique,

« Ultime stratagème : Soyez personnel, insultant, malpoli ».

13. Directement inspiré du débat entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, le 3 mai 2017.

14. Voir chapitre 4, II-2, « Mettre les connotations de son côté ».

15. Directement inspiré du débat entre Jacques Chirac et Laurent Fabius, le 27 octobre 1985.

16. Pour une introduction à l’abondante littérature concernant les différents biais de

confirmation : OSWALD Margit E, GROSJEAN Stefan, 2004, « Confirmation bias », dans POHL

Rüdiger F. (dir.), Cognitive Illusions. A Handbook on Fallacies and Biases in Thinking,

Judgement and Memory, Psychology Press, p. 79-96.

17. VIKTOROVITCH Clément, 2021, « Saisir et définir la délibération par l’argumentation :

l’exemple des débats parlementaires français », dans BLONDIAUX Loïc, MANIN Bernard, Le

Tournant délibératif de la démocratie, Presses de Sciences Po, p. 227-252. Pour l’étude in

extenso, VIKTOROVITCH Clément, 2013, Parler, pour quoi faire ? La délibération parlementaire

à l’Assemblée nationale et au Sénat (2008-2012), thèse de doctorat en science politique,

Sciences Po Paris.

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