Le pouvoir rhétorique

Clément Viktorovitch · Chapitre 156 sur 164

Pages du PDF

Le pouvoir rhétorique

2 - Triompher sur une contradiction dévoilée

président de la République 13.

 

DÉCRYPTAGE : Si nous voulons déployer une telle stratégie, il va nous falloir attendre une erreur flagrante de la part de notre interlocuteur. Un argument faible, une légère imprécision ou une petite confusion ne suffiraient pas : nous donnerions l’impression d’être arrogants et hautains, et le procédé se retournerait contre nous. En revanche, déployé au bon moment et avec suffisamment d’assurance, cette stratégie agira comme un poison mortel : elle sapera la crédibilité de tout ce que notre adversaire pourra dire par la suite.

 

2 - TRIOMPHER SUR UNE CONTRADICTION DÉVOILÉE

 

Cette stratégie est très similaire à la précédente, à ceci près qu’au lieu d’exploiter un argument désavoué, nous allons prendre appui sur une contradiction ou une incohérence. Pour le dire en termes rhétoriques : nous utilisons une objection ad hominem, et non plus ad rem, pour déborder sur l’ethos de l’adversaire. Nous ne nous contentons pas de dire : « Ces deux arguments ne peuvent être soutenus en même temps : il va falloir résoudre la contradiction. » Ni même : « Ces deux arguments ne peuvent être soutenus en même temps, donc toute l’argumentation est caduque. » Mais bien : « Cette argumentation est tellement pleine d’incohérences et de contradictions, que son auteur ne peut qu’être incapable ou insincère. »