Le pouvoir rhétorique
III - Aux sources des affects
La question du lien entre émotions et manipulations nous ramène, une nouvelle fois, aux dilemmes éthiques propres à toute entreprise de conviction. Et, à nouveau, il n’existe pas de bonne solution. Seulement des interrogations, par lesquelles nous sommes condamnés à être taraudés. Et que nous sommes seuls, en notre for intérieur, à pouvoir trancher.
III - Aux sources des affects
Les émotions sont donc susceptibles d’induire, chez les auditeurs, une prise de conscience comme une saturation de conscience. Dans le premier cas, nous nous assurons qu’ils comprennent pleinement la situation dont nous leur parlons. Dans le second, nous faisons en sorte qu’ils soient moins critiques à l’égard des arguments que nous leur présentons. D’une manière ou d’une autre, nous améliorons nos chances de susciter l’adhésion. Si nous désirons convaincre, il va donc bien nous falloir apprendre à émouvoir. Voilà qui, de but en blanc, semble mission impossible. Ces affects insaisissables, inexplicables, indéchiffrables, nous prétendrions pouvoir les réduire à une méthode ? Une équation ? En effet : c’est précisément ce que nous prétendons. En tant qu’oratrices ou orateurs, le temps est venu de maîtriser les effets des affects. Et pour cela, nous allons devoir revenir à leurs sources.