Le pouvoir rhétorique

Clément Viktorovitch · Chapitre 44 sur 164

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Le pouvoir rhétorique

Chapitre 3 - Structurer sa pensée

CHAPITRE 3

 

Structurer sa pensée

 

« Tous les mots qui me viendront, je vais vous les jeter en touffe, sans

les mettre en bouquets 1 ! » Ainsi parle Cyrano de Bergerac sous le balcon de Roxane. Protégé par la nuit, submergé par l’amour, il laisse le flot de ses émotions s’écouler enfin sans entraves. La scène est poignante. La déclaration, bouleversante. L’histoire, déchirante. Mais hélas, nous ne sommes pas Cyrano. Si nous désirons convaincre, nous ne pourrons nous contenter de jeter nos arguments en touffe. Il nous faudra bien apprendre à les mettre en bouquet. À organiser notre pensée.

Dans le précédent chapitre, nous avons vu comment constituer un inventaire de tous les arguments disponibles, pour progresser ensuite vers l’élaboration d’une véritable ligne argumentative, c’est-à-dire un ensemble d’arguments cohérents les uns à l’égard des autres et adaptés à l’auditoire. Encore nous reste-t-il à donner à ces arguments une structure, un ordonnancement, une articulation. À les introduire par une accroche saisissante et les conclure par une clôture percutante. Tout ce travail, c’est ce que les anciens, Cicéron notamment, appelaient la disposition : la deuxième étape à suivre dans la construction d’une argumentation.

Dans ce chapitre, nous nous concentrerons principalement sur les prises de parole monologiques, qu’elles soient orales ou écrites : un discours, une présentation ou une vidéo, mais aussi une lettre, un communiqué ou une tribune. La question des interactions avec un interlocuteur, que ce soit pour