Dictionnaire critique et raisonné du langage vicieux ou réputé vicieux

Culottes.

LOCUT. VIC. Ce n’est pas une rue, c’est un cul-de-sac.

LOCUT. CORR. Ce n’est pas une rue, c’est une impasse.

 

Le mot impasse l’a enfin emporté sur cul-de-sac pour exprimer une rue sans issue; mais nous croyons qu’il est certains cas où l’on ne peut guère, à moins de faire une périphrase, se dispenser d’employer le vilain mot proscrit par Voltaire. Dans cet exemple: ce jeune homme a un mauvais emploi, c’est un cul de sac; mettez impasse, et vous détruisez toute l’énergie de l’idée.

 

CULOTTES.

 

LOCUT. VIC. Donnes-moi mes culottes bleues.

LOCUT. CORR. Donnez-moi mon pantalon bleu.

 

On emploie souvent culotte pour pantalon; il y a cependant quelque différence entre ces deux parties de l’habillement.

 

La culotte s’arrête au genou; le pantalon descend jusques sur le cou-de-pied.

 

Il ne faut jamais dire des culottes pour une seule culotte, ni des pantalons pour un seul pantalon, comme le font particulièrement les méridionaux. Des culottes et des pantalons sont nécessairement plusieurs culottes et plusieurs pantalons.

 

CURER.

 

LOCUT. VIC. Avez-vous curé cette vaisselle d’argent?

LOCUT. CORR. Avez-vous écuré cette vaisselle d’argent?

 

Si vous nettoyez quelque chose en le frottant avec du grès, du sable, etc., pour le rendre clair, vous écurez; mais, si vous ôtez d’une concavité quelconque ce qu’elle peut renfermer de sale, vous curez. On doit donc dire et l’on dit: écurer des couteaux, des chandeliers, etc., et curer des puits, des fossés, des rivières, etc.