Dictionnaire critique et raisonné du langage vicieux ou réputé vicieux
Nature.
On trouve nataux dans Amyot: «Il révérait fort Socrate et Platon, desquels tous les ans il célébrait les jours nataux.» Dans le Dict. de Trévoux: «Pour jouir du droit de bourgeoisie dans une ville, il faut y avoir maison, et s’y trouver aux quatre nataux, (Noël, Pâques, la Pentecôte et la Toussaint) dont on prend attestation.» Cependant comme nataux est un peu dur à l’oreille, nous pensons qu’il vaudrait peut-être mieux préférer natals, qui a été adopté par Laveaux, et qui a, comme nataux, l’analogie en sa faveur, mais, convenons-en, une analogie un peu plus restreinte. Qui ne connaît ces vers célèbres:
Al est un singulier dont le pluriel fait aux. On dit c’est mon égal, et ce sont mes égaux.
(BOURSAULT, Le Mercure Galant, act. IV, sc. VII.)
NATURE.
LOCUT. VIC. Connaissez-vous rien de plus nature que cela?
LOCUT. CORR. Connaissez-vous rien de plus naturel que cela?
Cette manière de parler est maintenant à la mode. On ne doit cependant pas s’attendre à en trouver des exemples dans nos bons auteurs. La mode partout, mais particulièrement en fait de langage, n’est qu’une absurdité, et n’influence que les sots.
Nous croyons qu’il serait fort difficile aux gens qui emploient nature comme adjectif, à la place de naturel, de nous démontrer les avantages que le style peut retirer de cette transposition de mots.
NAYER.
PRONONC. VIC. Il s’est nayé.
PRONONC. CORR. Il s’est noyé.