Dictionnaire critique et raisonné du langage vicieux ou réputé vicieux
Dégobillage.
LOCUT. CORR. En définitive le voilà ruiné.
La première locution appartient au Palais; la seconde se trouve dans nos bons auteurs, dans le dictionnaire de l’Académie, et dans celui de Féraud, qui, selon la judicieuse remarque de M. Girault-Duvivier (Gramm. des gramm.) est une bonne autorité.
DÉGOBILLAGE.
LOCUT. VIC. Ce vase est plein de dégobillage.
LOCUT. CORR. Ce vase est plein de dégobillis.
L’Académie ne reconnaît pas le mot dégobillage, et nous ne croyons pas qu’on le trouve dans aucun autre dictionnaire.
DÉGRÉ.
PRONONC. ET ORTH. VIC. Il y a trois degrés.
PRONONC. ET ORTH. CORR. Il y a trois dégrés.
La prononciation de ce mot est encore incertaine. L’usage général nous paraît vouloir que l’on dise dégré; les grammairiens soutiennent qu’on doit prononcer degré. Mais l’usage général est une loi, et si nous ajoutons à cette considération, que la prononciation de ce mot par deux é fermés, est beaucoup plus agréable à l’oreille, ce qui aura probablement déterminé l’usage en cette circonstance, nous croirons avoir la raison pour nous en disant de prononcer dégré et non degré. Nous ferons aussi remarquer que de tous les mots compris dans le dictionnaire de l’Académie sous la lettrine DEG, et qui sont à peu près au nombre de 60, le mot dégré est le seul auquel on refuse l’accent aigu sur l’é. Pourquoi cette bizarre exception? «Il semble, dit M. Morel, que l’on prenne à tâche de vouloir justifier le reproche que nous font les étrangers, de rendre notre langue sourde, monotone et efféminée par la multiplication de l’e muet.» (ESSAI sur les voix de la lang fr. chap. 2.)