Dictionnaire critique et raisonné du langage vicieux ou réputé vicieux
AFFILER. (Voyez EFFILER.)
«Beaucoup de personnes se trompent à ces deux locutions; elles écrivent j’ai à faire, comme on écrirait j’ai une affaire.
«Quand l’intention de la phrase porte sur la chose même, c’est une affaire; quand elle porte seulement sur le temps et sur la manière, la chose est à faire; robe à faire.
«Autrement: si le mot est susceptible de recevoir un article quelconque, il est le substantif affaire: une affaire importante, l’affaire dont vous m’avez parlé, etc.
«Mais si le mot ne peut admettre ni un adjectif ni un article, c’est alors la locution à faire: qu’avez-vous à faire? ce que vous demandez n’est plus à faire, etc.» (PHILIPON LA MADELAINE, Homonymes français.)
AFFILER. (Voyez EFFILER.)
AGE.
LOCUT. VIC. A nos âges on n’est plus bon pour les plaisirs.
LOCUT. CORR. A notre âge on n’est plus bon pour les plaisirs.
Ce substantif n’a de pluriel que dans ces exemples: les quatre âges de l’homme; l’homme entre deux âges, etc.; c’est-à-dire lorsqu’il désigne une des époques principales de la vie humaine, et non un des points si nombreux marqués par chaque année. Nous pensons en conséquence qu’un homme de 60 ans qui dirait à un adolescent de 20 ans: à nos âges la vie offre des aspects bien différens, parlerait correctement; mais si cet homme de 60 ans disait à un autre homme de 65 ans: à nos âges on n’a plus de passions, cet homme ferait une faute.