Dictionnaire critique et raisonné du langage vicieux ou réputé vicieux
Alentour de.
Dans le réduit obscur d’une alcove enfoncée, S’élève un lit de plume à grand frais amassée.
(BOILEAU. Lutrin, ch. I.)
ALENTOUR DE.
LOCUT. VIC. Il a de beaux arbres à l’entour de sa maison.
LOCUT. CORR. Il a de beaux arbres autour de sa maison.
Alentour étant un adverbe et non une préposition, voici comment il doit être employé: il a une belle maison et de beaux arbres à l’entour. Les échos d’alentour. Alentour n’a pas de complément; autour doit en avoir un. Ainsi au lieu de dire: sa maison est abritée, il y a des arbres autour; il faut dire: alentour.
Alentour de était usité autrefois; nos vieux auteurs nous en fournissent des preuves. Boileau, selon l’abbé Féraud (Dict. Crit.), avait mis dans les premières éditions de ses satires:
A l’entour d’un castor j’en ai lu la préface.
Il mit dans sa dernière édition de 1709: autour d’un caudebec.
«Cette correction, dit Girault Duvivier, de la part d’un écrivain aussi pur, l’usage bien constant à présent, et enfin la grammaire qui veut qu’un adverbe soit employé sans régime, décident sans appel que alentour ne doit plus être suivi d’un régime: ainsi on s’exprimerait mal si l’on disait qu’une mère a ses filles alentour d’elle. Et Lafontaine ne dirait plus:
Fait résonner sa queue à l’entour de ses flancs.
«Beaucoup d’écrivains du siècle de Louis XIV, dit le même grammairien, écrivent à l’entour en deux mots et avec une apostrophe après la lettre l; mais cet adverbe étant écrit en un seul mot (alentour) dans les dernières éditions du dictionnaire de l’Académie, et dans la plupart des ouvrages modernes, nous adopterons cette orthographe.»