Dictionnaire critique et raisonné du langage vicieux ou réputé vicieux
Prémices, Prémisses.
campagne.
LOCUT. CORR. Je fais mes provisions pour l’époque où j’irai à la
campagne.
Cette disgracieuse expression se trouve dans Madame de Sévigné. «M. de Langle (disait le comte de Grammont), gardez ces familiarités pour quand vous jouerez avec le roi.» Mais l’autorité de Madame de Sévigné est peu de chose en grammaire, et nous aimons mieux nous appuyer en cette circonstance sur l’Académie qui a, pour de bonnes raisons sans doute (il est impossible d’en supposer d’autres), passé cette locution sous silence.
PRÉMICES, PRÉMISSES.
Vos prémices ne sont pas bien posés.
LOCUT. VIC. Je vous offre les légers prémisses de mon
talent.
Vos prémisses ne sont pas bien posées.
LOCUT. CORR. Je vous offre les légères prémices de mon
talent.
«Prémisses, subst. fém. pl. Terme de logique, qui se dit des deux premières propositions d’un syllogisme. Quand l’argument est en forme, si vous accordez les prémisses sans distinction, vous ne pouvez plus nier la conséquence.
«Prémices, subst. fém. pl. Les premiers fruits de la terre ou du bétail, les premières productions de l’esprit.» (Dictionnaire de l’Académie.)
Toujours la tyrannie a d’heureuses prémices.
(RACINE.)