Dictionnaire critique et raisonné du langage vicieux ou réputé vicieux

Rouler.

LOCUT. VIC. Je suis au bout de mon rouleau.

LOCUT. CORR. Je suis au bout de mon rôlet.

 

Un homme qui ne sait plus que dire ni que faire est au bout de son rôlet, c’est-à-dire du petit rôle qu’il avait appris; rouleau ne signifierait rien ici.

 

C’est encore un renard qui fournit le sujet

Du récit que je vais vous faire:

Sans le renard, on ne conterait guère,

Et j’eusse été vingt fois au bout de mon rôlet.

(VITALLIS. Fab. 25, liv. II.)

 

ROULER.

 

Si l’on en croit Féraud, rouler carrosse est un gasconisme. Nous croyons que ce grammairien se montre ici un peu trop scrupuleux. Quant à cette autre locution, traîner carrosse, qu’il dit être en usage dans la province, nous ne croyons pas qu’elle y soit même fort usitée par les gens qui raisonnent, et qui précisément parce qu’ils raisonnent ne doivent pas chercher à s’assimiler à des chevaux. Voici une anecdote qu’il raconte à ce sujet: «Tu me manques de respect, disait un gros richard à une harengère, sais-tu que je traîne carrosse?—Eh! monsieur, lui répondit-elle, où trouverait-on à vous aparier?»

 

RUELLE.

 

LOCUT. VIC. J’ai acheté de la ruelle de veau.

LOCUT. CORR. J’ai acheté de la rouelle de veau.

 

Une ruelle est une petite rue.

 

Une rouelle est une tranche ronde en forme de petite roue, coupée dans un saucisson, dans une orange, dans une pomme, etc. Une rouelle de veau est aussi une tranche circulaire, prise dans la cuisse d’un veau.