Dictionnaire critique et raisonné du langage vicieux ou réputé vicieux
Lèze.
Descendoit l’esve claire et roide.
(Roman de la Rose.)
L’auteur du Manuel de la pureté du langage autorise l’emploi de lévier. Où a-t-il été prendre ce mot?
LÈZE.
LOCUT. VIC. Cette étoffe est à grande lèze.
LOCUT. CORR. Cette étoffe est à grand lé.
L’Académie donne lé et lèze. Nous croyons ce dernier mot inutile, puisque l’usage a fait choix du mot lé, qui est d’ailleurs fort ancien.
Quel lé a-il? lé de Brucelle.
(La Farce de Pathelin.)
LICÉ, LISSÉ.
LOCUT. VIC. Son front est licé, lissé.
LOCUT. CORR. Son front est lisse.
Ce qui est lisse l’est naturellement; ce qui est lissé l’est artificiellement. Lisse est un adjectif qui signifie uni, poli; lissé est le participe passé du verbe lisser, et signifie rendu lisse. Quant à licé, c’est une orthographe surannée que nous trouvons dans l’épigramme suivante du grammairien Furetière:
A UN JUGE.