Dictionnaire critique et raisonné du langage vicieux ou réputé vicieux
Nu.
«Secours aux noyés est une expression reçue, mais une expression vicieuse. En effet, un noyé est un homme mort dans l’eau, un cadavre; et certes les secours ne sont pas pour les cadavres. On aurait dû dire: secours aux noyans, comme on dit: secours aux mourans. Secours aux noyés est aussi absurde que le serait secours aux morts.» (MARLE, Précis d’Orthologie.)
NU.
On l’a trouvé nue tête et nus pieds.
ORTH. VIC. Il a ce bien en nue propriété.
On l’a trouvé nu-tête et nu-pieds.
ORTH. CORR. Il a ce bien en nu-propriété.
L’adjectif nu est variable pour le substantif qui le précède, et invariable pour celui qui le suit.
Nu doit toujours être joint par un trait d’union au substantif devant lequel il est placé.
NUMÉRO.
LOCUT. VIC. Paris, 97, rue Richelieu.
LOCUT. CORR. o Paris, rue Richelieu, n 97.
Imiter, et même imiter fort bien ce qui est fort bon, n’est pas faire œuvre de génie; mais imiter ce qui est mauvais, c’est assurément faire œuvre de sot, et c’est précisément cette œuvre de sot que nous faisons, lorsque nous énonçons dans une adresse, à la manière des Anglais, d’abord le nom de la ville, puis le numéro de la maison, et enfin le nom de la rue. Il nous a toujours paru plus logique (et, malgré la mode, nous conservons aujourd’hui la même opinion) de commencer par désigner la ville, ensuite la rue, et en dernier lieu le numéro, parce que c’est réellement dans cet ordre que se trouve l’importance relative de ces indications. Bien certainement, lorsqu’il s’agit de trouver quelqu’un, la première chose à savoir, c’est le lieu qu’il habite; la seconde, le nom de la rue où il demeure, et le numéro de la maison est d’une importance si petite, qu’on parviendrait souvent, sans le connaître, au but de ses recherches.