Dictionnaire critique et raisonné du langage vicieux ou réputé vicieux
Revoir (A).
«Dieu leur a refusé le cocotier qui ombrage, loge, vêtit, nourrit, abreuve les enfans de Brama». (VOLTAIRE.)
«Le poil du chameau qui se renouvelle tous les ans par une mue complète, sert aux Arabes à faire des étoffes dont ils se vêtissent et se meublent.» (BUFFON, le Chameau.)
L’édition de Buffon de M. Pillot (Paris, 1830) donne: s’habillent au lieu de se vêtissent.
Dévêtir se conjugue aussi comme vêtir.
REVOIR (A).
LOCUT. VIC. A revoir, mes amis.
LOCUT. CORR. Au revoir, mes amis.
Revoir est ici un verbe employé substantivement. On dit au revoir, par ellipse, pour au (plaisir de vous) revoir.
Suffit. Adieu, Muses; jusqu’au revoir.
(J.-B. ROUSSEAU., Ép. 1. Liv. 1.)
Jusqu’au revoir. Songez qu’une naissance illustre Des sentimens du cœur reçoit son plus beau lustre.
(DESTOUCHES. Le Glorieux. Act. I. sc. IX.)
RHUM.
ORTH. VIC. Du Rhum de la Jamaïque.
ORTH. CORR. Du Rum de la Jamaïque.
Il y a fort peu de personnes qui écrivent bien ce mot. Vainement le Dictionnaire de l’Académie, et presque tous les autres dictionnaires écrivent-ils rum, l’usage s’obstine à conserver la lettre h dans l’orthographe de ce mot. Nous ne demanderons pas à l’usage sur quoi il se fonde pour écrire ainsi; car c’est un despote qui ne reconnaît d’autre loi que son caprice. Toujours est-il vrai qu’on écrit rum depuis fort long-temps: Trévoux en fait foi. Ce Dictionnaire cite à ce sujet un passage de Lémery, où l’étymologie de ce nom de liqueur est prise dans le langage barbare, par quoi il faut entendre nécessairement le langage des colonies occidentales. Les Anglais et les Espagnols ont toujours écrit, les uns rum et les autres ron. Nous pensons qu’on ferait bien d’écrire rum au lieu de rhum, orthographe que rien ne justifie.