Dictionnaire critique et raisonné du langage vicieux ou réputé vicieux
Revêtir.
Quand rêver signifie réfléchir, il doit toujours être suivi de la préposition à: J’ai rêvé à votre affaire.
«On rêve de quelqu’un, de quelque chose pendant le sommeil. On rêve à quelqu’un, à quelque chose tout éveillé.
«Rêver de quelqu’un nous donne le substantif rêve.
«Rêver à quelqu’un nous donne le substantif rêverie.
«Au lieu de la préposition à, on emploie la préposition sur, si la méditation est profonde: J’ai long-temps rêvé sur cette affaire.» (A. BONIFACE, Manuel des amateurs de la Langue fr.)
REVÊTIR.
LOCUT. VIC. Cet homme est singulier, et revêtit souvent sa
pensée d’expressions bizarres.
LOCUT. CORR. Cet homme est singulier, et revêt souvent sa
pensée d’expressions bizarres.
Revêtir se conjugue de la même manière que vêtir. Voici la conjugaison de ce dernier verbe. Je vêts, tu vêts, il vêt, nous vêtons, vous vêtez, ils vêtent.—Je vêtais.—Je vêtis.—Je vêtirai.—Je vêtirais. —Vêts, qu’il vête, vêtons, vêtez, qu’ils vêtent. Que je vête.—Que je vêtisse.—Vêtir, vêtant.
L’indicatif de ce verbe est un écueil que plusieurs écrivains célèbres n’ont pas su éviter.
De leurs molles toisons les brebis se vêtissent, De leurs longs bêlements les plaines retentissent.
(DELILLE., Par. perdu. Liv. VII.)