Dictionnaire critique et raisonné du langage vicieux ou réputé vicieux
Ressortir.
Ne ressemblât l’esclave fugitif A qui le sort fait rencontrer son maître.
M. Boiste attribue à Racine, dans son Dictionnaire des difficultés de la Langue française, cette jolie stance que Vaugelas attribue de son côté à Jean Bertaut, ancien évêque de Séez. Ce qu’il y a de bien certain, c’est que nous l’avons copiée dans une édition de Vaugelas (487e rem.), faite en 1647, c’est-à-dire à une époque où notre grand poète tragique n’avait encore que huit ans. Racine a donc six jolis vers de moins; mais il a aussi un solécisme de moins. Prévention de grammairien à part, n’y a-t-il réellement pas compensation?
RESSORTIR.
LOCUT. VIC. Cette affaire ressort du tribunal de commerce.
LOCUT. CORR. Cette affaire ressortit au tribunal de commerce.
Il y a deux verbes ressortir, que nos dictionnaires comprennent sous le même article, et qui n’ont cependant rien de commun.
Ressortir, signifiant sortir de nouveau, se conjugue absolument comme sortir.
Ressortir, dans le sens de, être du ressort, de la dépendance de quelque juridiction, se conjugue comme finir. Je ressortis, tu ressortis, il ressortit, nous ressortissons, vous ressortissez, ils ressortissent; je ressortissais, etc.; je ressortis, etc.; j’ai ressorti, etc.; je ressortirai, etc.; je ressortirais, etc.; que je ressortisse, etc. (pour le présent et l’imparfait du subjonctif), ressortissant.
«Les justices royales des anciennes duchés-pairies ressortissent au Parlement nuement et sans moyen.» (Dict. de TRÉVOUX.)
«Les causes des particuliers ressortissent au gouverneur de la province.» (VOLTAIRE.)
«Les êtres ressortissent à l’homme.» (DE SAINT-PIERRE.)