Dictionnaire critique et raisonné du langage vicieux ou réputé vicieux
Fin.
LOCUT. VIC. C’est à la bonne flanquette.
LOCUT. CORR. C’est à la bonne franquette.
Il est aisé de voir que franquette a pour racine le mot franc; à la bonne franquette signifie donc: tout franchement; flanquette ne signifierait rien.
FIN.
LOCUT. VIC. Prenez cette bille fine.
LOCUT. CORR. Prenez cette bille fin.
Fin est ici un adverbe, comme l’est le mot dru dans ces phrases: les balles tombent dru, ces blés sont semés dru. Fin et dru ne qualifient pas les substantifs, ils modifient les verbes, et signifient conséquemment avec finesse, d’une manière drue.
FLANQUÉ.
Il m’a flaqué un coup de poing.
LOCUT. VIC.
Il m’a flanqué de l’eau sur la tête.
Il m’a flanqué un coup de poing.
LOCUT. CORR.
Il m’a flaqué de l’eau sur la tête.
Pourquoi l’Académie décide-t-elle qu’on ne doit pas dire: flanquer un soufflet, mais flaquer un soufflet? Cette locution se trouve non seulement dans le Dictionnaire de Trévoux, il lui a flanqué un bon soufflet, un coup de pied, mais encore dans plusieurs dictionnaires, et notamment dans celui des onomatopées de M. Charles Nodier. «Du bruit d’un coup violent, dit-il, le peuple a fait le mot factice flan pour le représenter, et le verbe flanquer pour donner un coup dont le son est exprimé par flan.»