Dictionnaire critique et raisonné du langage vicieux ou réputé vicieux
Corporance.
N’allez pas sur des vers sans fruit vous consumer.
(BOILEAU.)
Mollement étendus ils consumaient les heures.
(LA FONTAINE.)
«Cet auteur vient de consommer son ouvrage.
«Consommer s’emploie quelquefois pour consumer; c’est lorsqu’il s’agit de choses qui se détruisent par l’usage, comme des denrées et toutes sortes de provisions. On dit consommer beaucoup de viande, consommer des denrées.» (CHAPSAL, Nouv. Dict. gramm.)
Si l’on nous donne du bois, et que nous l’employions à une construction, nous dirons que ce bois a été consommé; si nous le brûlons, nous dirons qu’il a été consumé.
CORPORANCE.
LOCUT. VIC. C’est un homme de petite corporance.
LOCUT. CORR. C’est un homme de petite corpulence.
Ce mot, que nos grammairiens traitent de barbarisme, est tout bonnement un archaïsme. On lit dans Marot:
Car on dict (veu sa corporance) Que c’eust esté ung maistre bœuf.
(Epitaphe de Jehan Le Veau.)
Corporance, employé plus récemment par Madame Du Noyer (Lettres hist.), ne se trouve pas dans nos dictionnaires; corporé ne s’y trouve pas non plus, et nous en éprouvons quelque regret, car il n’a pas d’équivalent.