Dictionnaire critique et raisonné du langage vicieux ou réputé vicieux

Gravir.

LOCUT. CORR. Enlevez ces gravas.

 

La langue n’ayant nullement besoin de deux mots parfaitement synonymes, il faut faire un choix entre gravois et gravas. Selon les dictionnaires de Furetière et de Trévoux, «les maçons disent gravas, mais les autres disent gravois.» Les maçons nous ont bien l’air de l’emporter sur les autres, car ils ont l’usage pour eux, et ce qui nous semble le prouver, c’est la formation du mot gravatier, donné par l’Académie et tous les autres dictionnaires.

 

GRAVIR.

 

LOCUT. VIC. Il a gravi contre ce roc.

LOCUT. CORR. Il a gravi ce roc.

 

Laveaux, dans ses additions au dictionnaire de l’Académie (1802), est d’avis qu’on peut employer gravir activement, et dire gravir un roc, une montagne, etc. Plusieurs de nos bons auteurs ont partagé cette opinion, comme on pourrait le prouver par de nombreuses citations.

 

GRIPPE (PRENDRE EN).

 

Quelques grammairiens prétendent, en s’appuyant sur l’autorité de l’Académie, qu’on doit dire: se prendre de grippe contre quelqu’un; contre quelque chose, et non: prendre quelqu’un, quelque chose en grippe. Si ces grammairiens avaient lu attentivement tout le dictionnaire de l’illustre compagnie, ils auraient vu que ces deux locutions y sont également autorisées. Nous pensons aussi qu’elles doivent l’être, puisque l’on dit également prendre en haine, prendre en aversion, prendre en amitié, etc., et se prendre de haine, se prendre d’aversion, se prendre d’amitié, etc.