Dictionnaire critique et raisonné du langage vicieux ou réputé vicieux

Par Ce que.

«Je suis un peu trop lourd pour monter ou descendre facilement d’un cabriolet.» (LOUIS XVIII, Voyage à Bruxelles.)

 

«En entrant et en sortant d’un salon, chacun se croyait obligé d’aller faire un compliment d’arrivée ou d’adieu à la maîtresse de la maison.» (GENLIS, Mém., tom. 5.)

 

«La porte d’entrée donnait dans cette antichambre, que j’étais obligée de traverser pour entrer ou sortir de chez moi.» (Même tom.)

 

«Ces fautes (les deux dernières), sont d’autant plus remarquables qu’elles se trouvent dans un volume où l’auteur signale un grand nombre de locutions vicieuses ou de mauvais goût (selon elle) en usage à Paris.» (Glossaire génevois.)

 

PAR CE QUE.

 

LOCUT. VIC. Je vois, par ce que vous me dites, qu’on m’a

trompé.

LOCUT. CORR. Je vois, par tout ce que vous me dites, qu’on

m’a trompé.

 

«Les rédacteurs de l’article (du Dict. de l’Acad.) sur la préposition par, auraient dû avertir les écrivains qu’il faut toujours éviter de placer les mots ce et que immédiatement après cette préposition. En cela ils auraient suivi une décision, long-temps méditée, de l’Académie elle-même, et imprimée par son ordre, au bas du chapitre des Remarques de Vaugelas, intitulé: PAR CE QUE, en trois mots. Je rapporte cette décision.

 

«Pour écrire purement et sans équivoque, il ne faut jamais se servir de par ce que que dans le sens de à cause que. Au lieu de dire, je connais par ce que vous me mandez d’un tel, il faut dire: je connais par les choses que vous me mandez d’un tel.

 

«Je fais cette remarque à l’occasion d’une phrase que je viens de lire au commencement d’une Notice sur la vie du Tasse, attribuée à l’une des meilleures plumes qui nous restent, et placée en tête d’une réimpression de la Jérusalem délivrée, traduite en 1774, par M. L***, déjà célèbre, à cette époque, entre les bons écrivains. Nous sommes trop disposés, dit l’auteur de la Notice, à juger par ce que nous avons sous les yeux, de ce qui s’est passé dans d’autres temps et en d’autres circonstances. La réputation non moins méritée qu’elle est brillante des deux hommes de lettres à qui cette négligence a échappé, autorise suffisamment ma remarque.» (FEYDEL, Rem. sur le Dict. de l’Acad.)