Dictionnaire critique et raisonné du langage vicieux ou réputé vicieux

Bosseler.

«Si vous tenez à nommer les choses par leur nom, dites: la mitre d’un évêque, la toque d’un juge, la barrette d’un cardinal, et non un bonnet d’évêque, de juge, de cardinal.» (M. MARLE, Omnibus du Langage.)

 

BOSSELER.

 

LOCUT. VIC. Ce plat d’argent est vieux; il est tout bosselé.

LOCUT. CORR. Ce plat d’argent est vieux; il est tout bossué.

 

Bosseler, c’est travailler une matière en bosse; bossuer, c’est faire par accident des bosses à cette matière. La différence de signification entre ces deux verbes n’est pas établie depuis fort long-temps, car le dictionnaire de Trévoux dit à l’article bosseler: «C’est la même chose que bossuer,» et à ce dernier article: «On dit aussi bosseler.» Aujourd’hui, d’après tous nos dictionnaires, de la vaisselle bosselée, est de la vaisselle travaillée; et de la vaisselle bossuée, de la vaisselle qui a des bosses. Étant bosselée la vaisselle augmente de valeur; quand elle est bossuée elle en perd.

 

BOUILLEAU.

 

LOCUT. VIC. Un balai de bouilleau.

LOCUT. CORR. Un balai de bouleau.

 

Le bouleau est un arbre dont les branches servent à faire des balais. Un bouilleau est une espèce de gamelle à soupe: il n’est guère probable qu’on en fasse des balais.

 

BOULEVARI.