Dictionnaire critique et raisonné du langage vicieux ou réputé vicieux

Ulcère.

 

LOCUT. VIC. Il a une ulcère à la jambe.

LOCUT. CORR. Il a un ulcère à la jambe.

 

«On le faisait autrefois féminin, et quelques-uns lui donnent encore ce genre; mais ce ne devrait pas être des médecins. Ces ulcères ne furent point si rebelles que les premières.» (FÉRAUD, Dict. crit.)

 

UN.

 

LOCUT. VIC. C’est un des hommes qui a le mieux servi la

patrie.

LOCUT. CORR. C’est un des hommes qui ont le mieux servi la

patrie.

 

Le bon sens devrait suffire pour indiquer comment les phrases construites d’une manière analogue à celle que nous venons de citer, doivent s’écrire; et cependant cette faute est très fréquente. N’est-il pas évident ici que l’homme dont il est question, n’est pas le seul qui ait le mieux servi la patrie, mais bien un de ceux qui ont le mieux servi la patrie.

 

Supposons que plusieurs déserteurs, passant par un village, aient été vus par un paysan. Ce paysan, interrogé sur cette circonstance, en présence de l’un d’eux, ne doit-il pas dire: Voilà un des déserteurs qui ont passé par tel village. Mais si, parmi les déserteurs qu’il voit juger, il ne s’en trouve qu’un seul qui ait passé par son village, il devra dire alors: Voilà un des déserteurs qui a passé par mon village. Qui ne voit, par cet exemple, la différence qui existe dans l’emploi du singulier ou du pluriel après le pronom relatif qui, précédé de la locution un de, un des. Ainsi, dans cet autre exemple, tiré d’un journal: Leur pays (le grand-duché de Nassau) est un de ceux qui a refusé de recevoir le tarif prussien, il fallait le verbe avoir au pluriel. Si plusieurs pays ont refusé, etc., et que le duché de Nassau soit un de ces pays, pourquoi ne pas dire: Ce pays est un de ceux qui ont refusé, etc. Si ce pays est le seul qui ait refusé, etc., pourquoi ne pas dire: Ce pays a refusé, etc. Il n’y a là qu’une exactitude de langage tout-à-fait indispensable pour être compris, et pas du tout de purisme.