Dictionnaire critique et raisonné du langage vicieux ou réputé vicieux

Orge.

orange pour oranger. Cette dernière faute se trouve dans le Dict. de l’Académie (1802).—Quant à la liqueur nommée eau de fleur d’orange, on voit qu’il faut aussi écrire eau de fleur d’oranger, puisque cette liqueur est faite avec la fleur de l’oranger, et non avec l’orange. L’Académie dit de l’eau de fleur d’orange, et nous sommes surpris que cette incorrection de langage ait échappé au minutieux et caustique investigateur des erreurs de son Dictionnaire.

 

ORGE.

 

LOCUT. VIC. De l’orge nu, perlé, mondé.

LOCUT. CORR. De l’orge nue, perlée, mondée.

 

L’orge sur pied est du genre féminin, disent les grammaires, voilà de belles orges; l’orge en grains est du genre masculin: Cet orge est beau. Le commerce (dans son almanach du moins), ne se soumet pas à cette distinction, et écrit orge perlée, mondée, etc. Nous l’en félicitons, dans l’intérêt de notre langue, à laquelle on rend certainement un plus grand service en effaçant une exception qu’en la créant.

 

«On faisait autrefois le mot orge masculin, dit Laveaux (Dict. des diff.); il a plu à l’Académie de le faire féminin, et on l’a fait féminin: de l’orge bien levée, de belles orges. Cependant il est resté masculin dans ces deux phrases: de l’orge mondé, de l’orge perlé. L’Académie aurait pu, et peut-être dû le faire féminin dans ces deux expressions.»

 

Domergue voulait que le mot orge fût, d’après son étymologie (hordeum), toujours masculin.