Dictionnaire critique et raisonné du langage vicieux ou réputé vicieux

Sortir.

«Sortir, obtenir, avoir. Je sortis, tu sortis, il sortit, nous sortissons, vous sortissez, ils sortissent.—Je sortissais, etc. Ce verbe se conjugue comme sortir. Il n’est d’usage qu’en termes de Palais, et seulement en quelques-uns de ses temps. Cette sentence sortira son plein et entier effet. J’entends que cette clause sortisse son plein et entier effet.

 

«En termes de pratique et de notaire, on dit qu’une somme de deniers, un effet mobilier sortira nature de propre, pour dire qu’il sera réputé propre, qu’il sera réputé et partagé comme propre.» (Dict. de l’Acad., 1802.)

 

«Sortir son plein et entier effet est un barbarisme de droit.» (M. CH. NODIER , Examen crit. des Dict.)

 

SORTIR.

 

LOCUT. VIC. Votre maître est-il sorti hier?

LOCUT. CORR. Votre maître a-t-il sorti hier?

 

«On dit qu’une personne a sorti, pour dire qu’elle a fait l’action de sortir, et qu’elle est rentrée: il a sorti ce matin; et l’on dit qu’elle est sortie, pour dire qu’elle est dehors et qu’elle n’est pas rentrée: mon frère est sorti, et ne rentrera que ce soir.

 

«Il ne faut pas confondre il ne fait que de sortir avec il ne fait que sortir. Le premier veut dire: il n’y a pas long-temps qu’il est sorti, et le second: il sort sans cesse.» (LAVEAUX, Dict. des diff.)

 

SORTIR.

 

LOCUT. VIC. Je sors d’avec lui, je sors de le voir, je sors

d’être malade.

LOCUT. CORR. Je viens de le quitter, je viens de le voir, je viens