Dictionnaire critique et raisonné du langage vicieux ou réputé vicieux

Appeler.

On voit ici qu’il était autrefois féminin. Il est masculin aujourd’hui.

 

APPELER.

 

LOCUT. VIC. Comment appelle-t-on cette fleur?

LOCUT. CORR. Comment nomme-t-on cette fleur?

 

Il ne faut pas employer indifféremment appeler pour nommer; appeler n’est pas nommer, et nommer n’est pas appeler. Appeler signifie faire venir; nommer, donner un nom, désigner. L’Académie a donc tort de dire: On appelle magie blanche la connaissance des choses naturelles les plus occultes. On appelle bouquins les satyres. Il faut dans ces deux phrases: on nomme. Feydel, qui relève cette faute, demande ironiquement dans quel pays on appelle les satyres.

 

Appelé, employé substantivement, comme dans la phrase suivante: je l’ai vu avec un appelé Richard, n’est pas tolérable. Dites: je l’ai vu avec quelqu’un nommé Richard, ou avec un nommé Richard. Cette dernière locution n’est pas très-correcte, mais elle a au moins en sa faveur l’autorité de l’usage.

 

APPENDICE.

 

LOCUT. VIC. Lisez tous les appendices.

LOCUT. CORR. Lisez toutes les appendices. (Prononcez

appindices.)

 

«Appendice, de quel genre est-il? Les lexicographes le font, les uns, masculin; les autres, féminin. Dans cette incertitude cherchons quelques raisons qui nous déterminent. Le mot latin appendix, d’où l’on a formé appendice, est féminin, etc. Le sens et l’analogie me font adopter le féminin.» (DOMERGUE. Manuel des Étrangers, etc.)