Dictionnaire critique et raisonné du langage vicieux ou réputé vicieux

Esclandre.

 

LOCUT. VIC. Il m’a fait une belle esclandre!

LOCUT. CORR. Il m’a fait un bel esclandre!

 

Le pauvre loup, dans cet esclandre, Empêché par son hoqueton,

Ne put ni fuir, ni se défendre.

(LA FONTAINE, liv. III, fab. 3.)

 

Malgré cet exemple et l’autorité de l’Académie, on trouve quelquefois esclandre féminin, et même dans des dictionnaires, celui de Rivarol, entr’autres.

 

Quoi qu’il en soit, M. Scribe a fait une faute dans le vers suivant:

 

Condamnons par maintes esclandres, etc.

(Nouv. Pourceaugnac, sc. 3.)

 

ESPADRON.

 

LOCUT. VIC. Ils se battirent à l’espadron.

LOCUT. CORR. Ils se battirent à l’espadon.

 

Si l’on en croyait l’usage et une autre autorité plus éclairée, Feydel (Rem. sur le Dict. de l’Acad.), ce serait espadron qu’il faudrait dire. Mais l’opinion de Feydel n’est malheureusement pas plus développée que celle de l’usage, ou, pour mieux dire, ne l’est pas du tout, et dans notre impuissance d’apprécier les motifs qui l’ont amenée, nous croyons devoir nous en tenir à l’orthographe de l’Académie et de tous nos lexicographes. Pourquoi d’ailleurs le mot français espadon ne viendrait-il pas du mot espagnol espadon, augmentatif d’espada, épée? Cette étymologie n’en vaut-elle pas bien une autre?