Dictionnaire critique et raisonné du langage vicieux ou réputé vicieux
Tacher.
Le c ne doit pas se faire sentir dans ce mot, à moins qu’il ne soit suivi d’un mot commençant par une voyelle. Nous croyons qu’il est mieux de dire du tabak étranger que du taba étranger. De cette manière, on évite un hiatus.
«Les Génevois, dit J.-J. Rousseau, articulent le marc du raisin comme Marc, nom d’homme; ils disent exactement du tabak, et non pas du taba.»
Quelques personnes disent tabakière. C’est une faute aujourd’hui. Du temps de Ménage, c’était tout le contraire; tabatière était la mauvaise locution, et tabakière était la bonne. (Observations sur la langue française, ch. CLIV.)
TACHER.
LOCUT. VIC. Je tâcherai qu’il soit content.
LOCUT. CORR. Je tâcherai de le contenter.
Tâcher étant un verbe neutre, ne peut être suivi du conjonctif que, qui constitue un régime direct.
«Tâcher de se dit quand il s’agit d’une action qui n’a pas un but marqué hors du sujet. Je tâcherai d’oublier cette injure, l’action s’opère dans le sujet même; je tâche de me débarrasser de mes dettes, l’action s’opère sur le sujet même; je tâcherai de vous satisfaire, c’est-à-dire de faire tout ce qui dépendra de moi pour que vous soyez satisfait. Il y a bien là un but hors du sujet, mais ce but n’est pas marqué distinctement, le sens de je tâcherai tombe particulièrement sur les efforts faits par le sujet. On emploie tâcher à quand il s’agit d’une action qui a un but marqué hors du sujet. Il tâche au but, il tâche à m’embarrasser, ici les esprits tendent directement à un but qui est hors du sujet, il tâche à me nuire.» (LAVEAUX, Dict. des diff.)