Dictionnaire critique et raisonné du langage vicieux ou réputé vicieux

Minable.

En l’an deux mil, date qu’on peut débattre, etc.

 

Selon nous le contraire a lieu. Le solécisme est à Mercier, et la pureté de langage à Béranger, poète correct s’il en fut jamais. Béranger aura probablement été guidé en cette circonstance par cette admirable justesse d’esprit qui l’a toujours distingué, non-seulement des chansonniers, ses prétendus confrères, mais de presque tous les poètes de notre époque, et nous sommes un peu fâché, nous l’avouerons, de voir des grammairiens distingués vaincus dans leur spécialité par un poète. Pourquoi ces grammairiens s’avisent-ils aussi d’être inconséquens?

 

MINABLE.

 

LOCUT. VIC. Son ami a l’air bien minable.

LOCUT. CORR. Son ami a l’air bien pauvre.

 

Nous repoussons ce mot parce que nous ne le croyons réellement digne que d’un langage minable. Nous ne l’avons jamais lu dans un ouvrage bien écrit, ni entendu dans la conversation des gens bien élevés. En vérité notre langue peut bien faire le sacrifice d’un terme de mépris pour la pauvreté; elle en a tant d’autres à sa disposition.

 

MINIME.

 

LOCUT. VIC. C’est d’un intérêt trop minime.

LOCUT. CORR. C’est d’un intérêt trop petit.