Cent quarante signes

Alain Veinstein · Chapitre 102 sur 209

Pages du PDF

Cent quarante signes

Dimanche 21 octobre

D’un jour à l’autre, se demander si l’on n’est pas en train de jouer dans le temps additionnel.

D’un jour à l’autre, négliger de soigner son apparence.

D’un jour à l’autre, ne plus vouloir tweeter que les reflets du soleil couchant.

 

13 h. Dialogue amoureux à la Divette de Malakoff. Elle : « Quand on met les gens dans l’état où tu les mets, on ne fait pas semblant d’être un ange. »

Lui : « Vivre sous le même toit depuis 24 heures et continuer à se parler et à se répondre. »

Radio. Si, en fin d’interview on n’a pas oublié la question initiale, c’est qu’elle n’avait pas de raison d’être.

Une interview qui ne laisse pas une impression d’inachevé est inaboutie.

Roman. Levé de bon matin, il s’est enfoncé dans les terres de son père jusqu’à la tombée de la nuit.

Roman. Un homme entre dans la peau d’un personnage pour tenter d’apprendre qui il est vraiment.

Quand j’arrêterai la radio, j’essaierai d’entonner, du matin au soir, des airs de bravoure.

 

Dimanche 21 octobre

 

Quand les lèvres s’entrouvrent dans le décor d’un vieil amour.

Vers 3 h du matin, un chien qui se rue dans vos bras.

Rêve. J’entends un chant juif au loin dans une maison. Les chanteurs baissent la voix, de moins en moins audible à mesure que je m’approche.

Certains rêves sont au ras du rêveur. Il lui suffirait d’ouvrir une porte pour ne pas pouvoir leur survivre.

Roman. Le dimanche, il serait interdit de donner l’heure, sous quelque forme que ce soit.