Cent quarante signes

Alain Veinstein · Chapitre 35 sur 209

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Cent quarante signes

Juillet

 

 

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Dimanche 1 juillet er

 

Une voix qui devrait sa puissance à sa douceur.

Déjà complètement dans l’ombre, je continue pour trouver une place au soleil.

Quand je parle, c’est toujours un tant soit peu à côté, car je n’arrive jamais à habiter pleinement mon corps.

Quand une seule parole fait rayonner un visage.

Quand une seule parole rouvre une blessure.

Sur ma carte de visite, « intervieweur » apparaît sous mon nom. « Producteur de menus plaisirs » serait peut-être plus juste.

D’un jour à l’autre, ce n’est pas que plus tard se rapproche, c’est qu’il commence à s’éloigner.

De loin, puis tout près : tic-tac, tic-tac, TIC-TAC.

Ce ne sont pas des petits pas.

TIC-TAC, TIC-TAC.

L’empire de la Vanité est sans limites.

De jour comme de nuit, je redoute les appels de la Vanité.

De jour comme de nuit, je pense à toi, Vanité, qui imprimes tes traits en toutes choses de ce monde.

 

Lundi 2 juillet

 

Rêve. Dans le métro, comme un livre dépassait de son sac, j’ai commencé à l’observer. Quand j’ai vu que c’était un livre de moi, j’ai baissé les yeux.

Certains matins, la tentation de chevaucher une mule jusqu’au monastère le plus proche.

10 h, Malakoff. Jour des « encombrants ». Une dizaine de cuvettes de WC alignées contre un mur. « Font chier » se lamente l’éboueur.