Cent quarante signes
Août
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Mercredi 1 août er
9 h 15. Salle d’attente de la clinique du Parc à Aix. Des gens comme vous et moi qui ne sommes pas comme tout le monde.
9 h 35. Art Press sur la table de la salle d’attente de la clinique. La médecine, décidément, fait des progrès.
10 h 30. La vie retrouvée, aussitôt franchie la porte de la clinique. Vite, s’asseoir à la terrasse du premier café.
10 h 40. « Y a pas de soucis », dit la serveuse à l’homme qui, en dix minutes, vient de commander un troisième pastis.
C’est tout de même rassurant de savoir qu’il y a une clinique dans les parages.
20 h 30. L’écureuil se désaltère en buvant l’eau de la piscine. Pas très bio non plus tout ça.
23 h. Je ne dîne plus que pour faire des miettes qui nourrissent les insectes (je ne cesse de penser à La Métamorphose).
Jeudi 2 août
La Métamorphose dans mes bagages. Pour ne pas dire : pour tout bagage. Direction : Vals, là haut, dans les Grisons.
La Roque d’Anthéron-Vals : 850 kilomètres en compagnie d’une mouche. Je n’invente rien.
Un bien long voyage pour une si petite bête. Mon inquiétude : comment retrouvera-t-elle les siens ?
Vendredi 3 août
11 h, Vals. La montagne, ça me connaît. J’étais figurant au Châtelet, dans l’Auberge du Cheval blanc, au début des années 60.
À 2 300 mètres, presque plus les pieds sur terre et la tête dans les nuages.