Cent quarante signes

Alain Veinstein · Chapitre 68 sur 209

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Cent quarante signes

Samedi 8 septembre

Midi. Un coup de tête m’entraîne vers la Bretagne des étés de mon enfance.

Qu’est-ce que ça donne des étés morts superposés comme des algues sur des plages vivantes ?

18 h 30, Portivy, non loin de Saint-Pierre-Quiberon. La Côte sauvage : un lac. Les plages : un désert. Paysages jamais vus.

19 h 45. Comme j’écrivais sur mon carnet au bord de l’océan, une mouette est venue me demander si je n’étais pas M. Tchekhov.

20 h 30. Coucher de soleil propice à une méditation sur le temps qui passe, sinon sur l’état du monde.

Devant moi, il était temps que je le voie, le panneau : RISQUES D’EFFONDREMENTS.

 

Samedi 8 septembre

 

Côte sauvage. Chaque fois qu’on met le pied dehors, on prend une leçon de style.

12 h, à Quiberon, enfiler des perles, c’est possible. Un vieil homme le propose dans son échoppe pendant que les amoureux prennent du bon temps.

16 h. La plage de Penthièvre partagée avec un couple de nudistes et deux amoureux qui confondent la mer avec le blanc de leurs yeux.

16 h 30. Sur cette plage à peu près déserte, l’éclat, la transparence de ce qu’on croit pouvoir apparenter aux premiers moments.

Rien d’autre, quand tout va bien, que les premiers moments.

19 h. L’éloquence des mouettes quand je dévore la plage.

19 h 15. Avant de se coucher, tel un chef d’orchestre, le soleil demande des nuances à la lumière.

 

Dimanche 9 septembre